CHRONIQUE. «Les Cent Elégies» de Pacifico Massimi sont un brûlot souterrain que l’on n’a plus guère ouvert depuis des siècles. Une nouvelle édition vient d’en être donnée«Lector, si sapis, haud legas libellum/Sed uites fugiasque respuasque/Vt pestem rabidam grauemque morbum.» C’est-à-dire: «Lecteur, si tu as du sens, ne lis point ce livre:/évite-le, fuis-le, crache dessus,/comme si c’était peste enragée et grave maladie.» Evidemment, il ne m’en fallait pas plus pour que je plonge la tête la première dans un texte qui se vend de si belle manière.Le livre en question, ce sont Les Cent Elégies (ou plutôt Hecatelegium, on est ici face à de la poésie latine) de Pacifico Massimi. Publiée pour la première fois en 1489 à Florence, très récemment rééditée (avec une traduction française) par les Editions Droz, à Genève, cette œuvre défie l’entendement: c’est un feu d’artifice de scatologie, de pornographie extrême et tous azimuts, de mauvais esprit (érudit, cela dit), de satire toutes canines dehors et d’humour noir. En guise d’apéritif à peu près publiable, goûtons les deux derniers vers de la dixième élégie du septième livre, intitulée Merdatio («Emmerdement»), dans laquelle Pacifico annonce le sort qui attend ceux qui persécutent les poètes: «Si je l’attrape, le châtiment du crime est tout prêt:/chier son âme par le cul et son bran par la bouche!»Voir plus
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