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Fin de vie : au Canada, dix ans de loi et un débat toujours ouvert sur l'aide à mourir
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Fin de vie : au Canada, dix ans de loi et un débat toujours ouvert sur l'aide à mourir

Publié le 17 July 2026 à 12:06
Auteur : L'Express

L'aide à mourir est désormais une affaire de droit en France, tandis que le Canada discute encore de ses contours. Adopté définitivement le 15 juillet par l'Assemblée nationale, le texte réserve le dispositif aux majeurs atteints d’une affection grave et incurable, engageant le pronostic vital de manière irréversible et parvenue à un stade avancé ou terminal. Le patient doit subir une souffrance constante, insupportable et réfractaire aux traitements, être capable d’exprimer une volonté libre et éclairée, puis la confirmer jusqu'au dernier moment. Une souffrance psychologique seule ne permet pas d'être éligible.La France entre ainsi dans la phase que le Canada avait ouverte en 2016 : celle où les principes deviennent des critères médicaux, des procédures et, très vite, des cas difficiles. Plus de 76 000 personnes y ont depuis eu recours. Dix ans après, le débat canadien reste ouvert. Il porte désormais sur les situations où la mort n'est pas proche, le pronostic incertain ou les raisons de la demande difficiles à isoler.Une loi élargie et de nouvelles questionsLe dispositif canadien visait d'abord les adultes atteints d'une affection grave et irrémédiable dont la mort naturelle était "raisonnablement prévisible". En 2021, le Parlement a supprimé cette condition. Une personne peut désormais être admissible sans être en fin de vie, sous des critères renforcés. De quoi compliquer un dossier déjà sensible : cinq ans après son adoption, cet élargissement ne fait toujours pas consensus.Le Dr. Marcus Powlowski, ancien urgentiste, député et coprésident du comité parlementaire consacré à l'aide médicale à mourir, soutient le principe pour les patients effectivement en fin de vie. "Lorsqu'une personne est en train de mourir et souffre, l'aide médicale à mourir est certainement justifiée", explique-t-il. En dehors de cette situation, dit-il, "une affection peut être durable sans suffire à expliquer pourquoi un patient demande à mourir, ni pourquoi il le demande maintenant." Il invite notamment la France à ne pas prêter au mot "irréversible" une précision qu'il n'a pas toujours : "L'arthrite aussi est un processus irréversible."Des patients "heureux de ne pas avoir pu en finir"Le désaccord est devenu maître avec la maladie mentale. Le Canada est censé autoriser en mars 2027 l'aide médicale à mourir lorsque le trouble psychiatrique constitue l'unique affection du patient, un nouvel élargissement déjà repoussé à plusieurs reprises. En juin 2026, le comité parlementaire coprésidé par le Dr. Powlowski a recommandé de ne pas procéder à cette ouverture. Après dix ans de législation, le pays n'a toujours pas tranché cette question essentielle : une souffrance psychiatrique peut-elle être déclarée irrémédiable avec assez de certitude pour fonder une décision définitive ?Pour les opposants à cette extension, toute la difficulté tient au pronostic. Le Dr. Powlowski raconte l'histoire de deux patients qu'il a connus aux urgences. Tous deux revenaient régulièrement après des tentatives de suicide, parfois plusieurs fois dans une même semaine. "Ils auraient été exactement le type de personnes susceptibles de demander l'aide médicale à mourir [NDLR : si celle-ci avait existé à l'époque]", fait-il remarquer. Des années plus tard, leur situation a connu "un retournement complet". L'un, dit-il, travaille désormais comme conseiller auprès de personnes atteintes de troubles mentaux. "Tous les deux se disent heureux de ne pas avoir pu en finir." Deux histoires qui illustrent la raison pour laquelle la prévision psychiatrique occupe une telle place dans le débat : "La certitude de ne jamais aller mieux peut précisément appartenir à la maladie que le médecin évalue."Les partisans de l'ouverture répondent qu'exclure les troubles mentaux crée une différence entre souffrances physiques et psychiques. Helen Long, directrice générale de Dying With Dignity Canada (DWDC), une association en faveur de l'aide médicale à mourir, juge cette exclusion discriminatoire et assure que les professionnels disposent déjà de l'expérience nécessaire pour apprécier la capacité du patient, la durée de sa souffrance et les traitements disponibles. "Ils le font depuis 2016", fait-elle remarquer. La sénatrice Pamela Wallin défend la même logique : "Lorsque la personne est capable de décider et que des médecins qualifiés jugent sa demande fondée, l'État ne devrait pas reprendre la décision à son compte." View this post on Instagram Le sénateur Kristopher Wells, coauteur du rapport du comité mais favorable pour sa part à l'élargissement en question, attaque enfin la qualité même du débat. Le comité aurait principalement entendu "des expériences individuelles et les opinions de certains professionnels", sans recevoir l'Association des psychiatres du Canada malgré plusieurs demandes. Il n'aurait pas davantage auditionné suffisamment de praticiens de l'aide médicale à mourir ni de patients souhaitant y accéder. Ainsi, alors que la majorité parlementaire

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