Dans un contexte d’inflation générale des prix, acheter un vol comprenant des escales devient une sorte de levier pour économiser. Un théorème qui repose souvent sur des économies locales précaires et postcoloniales de certains pays «du Sud»En 2023, je pars en Corée du Sud pour un mois, hors saison. Etant journaliste indépendante, je suis certes maîtresse de mon emploi du temps, et libre de travailler d’où je le souhaite, mais bel et bien ramenée à la réalité de mon statut économique précaire. Alors je choisis de prendre un Paris-Séoul plus que bon marché, qui comporte 4 heures d’escale dans le hub de Canton, en Chine. A l’aller, nous sommes des dizaines d’Européens fatigués à sortir du même avion et à patienter dans les confortables fauteuils en cuir de la salle d’embarquement.L’attente génère de l’ennui, et l’ennui, des discussions. Je papote avec un couple de retraités français qui attend quelques heures avant de prendre un autre courrier, et de s’envoler enfin pour les Philippines, leur destination finale, pendant deux semaines. Faire de la plongée sous-marine dans les eaux cristallines de l’archipel, c’est leur rêve. Alors ce n’est pas qu’ils se fichent de l’écologie, mais sur ce coup-là, tant pis pour leurs émissions de CO2. Tout juste diplômées, deux jeunes femmes profitent de leur chômage pour se rendre à Bali avant de chercher un emploi.Voir plus
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