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«En montagne, on retrouve une certaine clarté d’esprit» Une recherche explore les bénéfices d’un séjour en cabane
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«En montagne, on retrouve une certaine clarté d’esprit» Une recherche explore les bénéfices d’un séjour en cabane

Publié le 21 July 2026 à 07:07
Auteur : Le Temps

Leur fréquentation a bondi post-Covid et à mesure que nos vies se digitalisent. Les cabanes et refuges de montagne attirent une population en quête de beauté et d’introspection. Entretien avec Isabelle Frochot, co-autrice d’une étude sur le sujetParmi l’offre d’hébergements touristiques, les cabanes et refuges de montagne constituent une catégorie à part. Bon nombre d’entre eux ne sont accessibles qu’à pied. Accrochés à flanc de paroi, perchés sur des éperons rocheux, ils permettent aux marcheurs et alpinistes de vivre quelques heures ou une nuit au cœur d’un environnement qui mêle beauté et hostilité. En Suisse, la fréquentation de ces lieux augmente chaque année. Le Club alpin suisse (CAS) a indiqué une hausse de 12,7% pour l’année 2025avec 409 000 nuitées – «la meilleure année de l’histoire des cabanes du CAS» avec une nette augmentation l’hiver. Idem en France, où les nuits en refuges ont bondi de 40% en 2022 par rapport aux années pré-Covid.Mais que cherche-t-on exactement en atteignant une cabane, en dormant (si peu parfois) dans un dortoir collectif et en partageant une platée de macaronis du chalet avec des visages inconnus? C’est la question qu’Isabelle Frochot, maître de Conférences en comportement du consommateur à l’Université Bourgogne Europe s’est posée. Avec son collègue Alain Decrop, elle a mené une étude auprès d’une cohorte de 45 randonneurs dans les Alpes françaises qui a fait l’objet d’un article publié dans The Conversation [média indépendant de vulgarisation scientifique].
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Le Temps: Pourquoi vous être spécifiquement intéressés aux randonneurs adeptes des nuits en haute altitude?Isabelle Forchot: Il existe des études factuelles sur le taux de fréquentation, le profil de ces personnes, mais rien de très poussé. Ce qui nous intéressait, c’est que cette pratique nous renseigne plus largement sur la tendance du slow tourisme, des vacances en nature etc.L’un de vos principaux résultats suggère qu’une marche et une nuit en montagne aideraient à la prise de décisions…Oui, c’est lié à la puissance de ce qu’on a appelé la distanciation. On dit classiquement que le tourisme est le miroir inversé du quotidien: on cherche à échapper à diverses frustrations de tous les jours, c’est la première motivation au départ. Mais en montagne, on se rend compte que certes, on quitte ces soucis, mais on réussit à prendre de la distance vis-à-vis d’eux en coupant avec le brouhaha du monde. Et on retrouve une certaine clarté d’esprit.Vous parlez de «disponibilité résonante», que signifie cette expression?Cette coupure avec le quotidien a été beaucoup étudiée, moins ce à quoi elle donne accès. La disponibilité résonante est un état spontané d’ouverture qui est qualifié par l’humilité, l’instantanéité, la sérénité, l’oisiveté et l’acceptation. Nous avons montré que les gens qui fréquentent ces cabanes vont éprouver plusieurs sortes de résonance: avec soi, la distanciation que nous avons évoquée, mais aussi avec les autres, puisqu’en refuge, la proximité et la mixité s’imposent. Et finalement, avec l’univers montagneux, car les environnements naturels très grands, très beaux, qui nécessitent une certaine condition physique pour les atteindre, convoquent beaucoup d’humilité. En somme, les marcheurs reprennent la mesure de leur place dans le monde.Et se déconnectent…
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La déconnexion digitale est un élément fort: souvent, le réseau ne passe pas bien, il n’y a pas de wifi. Nous avons observé que les gens mettaient un petit temps à s’adapter. Il y a un réel phénomène de manque au début, et ensuite, ils apprécient. Sur ce sujet, beaucoup d’autres études montrent que, lorsqu’on laisse tomber son portable durant une expérience touristique, on est beaucoup plus attentif et ouvert à ce qui nous entoure.Ce sont des lieux de sociabilité «à part». Quel rôle joue le gardien ou la gardienne dans l'équation?Un rôle central. Bien sûr, il entretient, cuisine, mais il conseille aussi beaucoup et possède une connaissance au jour le jour de la montagne – la fonte d’un névé, l’évolution météo, climatique – qui lui permet de distiller de précieux conseils. C’est lui qui donne le La. Sa personnalité, sa façon d’être, seront essentielles dans l’expérience.Au fond, les modalités de ce type de séjour sont-elles si différentes d’une «detox digitale» ou d’un pèlerinage?On retrouve évidemment des éléments communs. Ce qu’on a identifié dans les refuges peut être transféré à d’autres modes de consommation qui incluent de la randonnée. Mais je dirais que la spécificité reste cette composante d’émerveillement que l’univers particulier de la montagne suscite et aussi, la notion de frugalité et d’acceptation. Dans un refuge, je prends ce qu’on me donne, j’accepte la simplicité. Cela contribue à cette disponibilité rés

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