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En Espagne, l’expulsion d’une Madrilène de 87 ans après l’explosion de son loyer provoque un retentissement national
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En Espagne, l’expulsion d’une Madrilène de 87 ans après l’explosion de son loyer provoque un retentissement national

Publié le 23 September 2026 à 21:05
Auteur : Le Temps avec l’AFP

La Cour suprême espagnole a tranché en faveur de l’expulsion d’une retraitée résidant à Madrid et qui a vu son loyer bondir de 275%. Alors que le pays traverse une crise du logement, l’affaire a provoqué des manifestations et même l’intervention de Pedro SanchezL’expulsion d’une retraitée de 87 ans de son appartement madrilène où elle vivait depuis toujours a provoqué l’indignation en Espagne mercredi, illustrant de façon brutale la crise du logement qui frappe le pays.Maricarmen résidait depuis 70 ans dans le quartier huppé du Retiro, en plein centre-ville, à proximité du parc du même nom, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, et a toujours payé son loyer, selon ses soutiens.
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Elle s’était engagée pendant des années dans une bataille juridique contre une agence immobilière qui avait acquis son appartement et augmenté le loyer mensuel de 275%, le portant à 2650 euros, d’après le syndicat des locataires de Madrid. L’affaire a été portée devant la Cour suprême, qui a statué en faveur de l’agence, ouvrant la voie à l’expulsion, a indiqué le syndicat.

Des centaines de Madrilènes, mobilisés par le Syndicat des locataires, manifestent contre l'expulsion de Maricarmenía, le 23 septembre 2026. — © IMAGO/Ignacio Lopez Isasmendi / IMAGO/ZUMA Press Wire

«C’est une tragédie sociale que nous ne pouvons pas accepter»
Mercredi, la police a dispersé de force des dizaines de militants qui campaient devant l’immeuble de Maricarmen pour tenter d’empêcher l’expulsion, sous les cris de «Honte!» des manifestants indignés.Des secouristes ont transporté la retraitée, qui se déplace en fauteuil roulant, jusqu’à une ambulance sur une civière, tandis que les manifestants scandaient «Maricarmen, vous n’êtes pas seule!», derrière un cordon de sécurité.
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«C’est une tragédie sociale que nous ne pouvons pas accepter», a déploré le premier ministre socialiste Pedro Sánchez, lors d’une conférence en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York. Le dirigeant de gauche a pointé du doigt la gestion de la région de Madrid, dirigée par la droite (Parti populaire), compétente en matière de politique du logement et qui a, selon lui, «fait la sourde oreille». «C’est très révoltant!», a-t-il poursuivi.Le chef du gouvernement espagnol a également appelé les députés à «la responsabilité» pour voter un décret-loi «nécessaire pour résoudre la crise du logement» et qui sera présenté «en urgence» par l’exécutif.

Un manifestant lève la main à Barcelone, le 23 septembre 2026. — © IMAGO/Fabian Suspensivo / IMAGO/ZUMA Press

Positionnement d’Amnesty International Espagne
Amnesty International Espagne a dénoncé une «violation des droits humains» et «un système qui privilégie les intérêts spéculatifs d’un fonds vautour au détriment du droit de Maricarmen à rester chez elle». «C’est un exemple de plus des souffrances endurées par des milliers de foyers en Espagne», selon Amnesty.Dans une interview à la chaîne publique RTVE, Maricarmen a qualifié l’entreprise d'«inhumaine, et tout cela pour faire du profit». «On ne peut pas faire vivre une personne pendant sept ans sous la menace d’une machette», a-t-elle dit, accusant les autorités d’être responsables de sa situation.

Des manifestants lèvent les mains et scandent des slogans devant le bâtiment de la délégation du gouvernement, à Barcelone. — © IMAGO/Fabian Suspensivo / IMAGO/ZUMA Press

Deuxième pays le plus visité au monde
La ministre socialiste du logement, Isabel Rodríguez, a insisté sur le fait que le gouvernement de gauche avait tenté à plusieurs reprises de faire adopter une loi interdisant ces expulsions et a accusé la région de Madrid, dirigée par les conservateurs, de «dérouler le tapis rouge à ces spéculateurs».Les habitants du deuxième pays le plus visité au monde accusent les locations touristiques de courte durée, telles qu’Airbnb, de faire flamber les prix et de réduire l’offre, ce qui a provoqué des manifestations dans des villes comme Barcelone.«Je quitte Madrid, car Madrid n’est plus Madrid. Et les Madrilènes ne sont plus des Madrilènes. Ce sont tous les touristes de la Gran Vía», a lancé Maricarmen à RTVE, en référence à la principale artère commerçante de la capitale espagnole.

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