OPINION. Nombre d’opposants au droit de vote des femmes en 1959 ont fini par dire oui en 1971. Citer le mythe de Guillaume Tell ou rejeter le communisme ne tenait plus face au dégât d’image et au destin qui – partout ailleurs – semblait inéluctable, écrit l’historienne Elisabeth Joris, spécialiste de l’histoire du féminisme et co-initiatrice de la première grève des femmes de 1991En comparaison des autres pays européens, le droit de vote des femmes a été introduit très tardivement en Suisse, notamment parce que seuls des hommes, en tant qu’électeurs, ont tranché la question. En 1971, 66% des votants ont glissé un oui dans l’urne. Or lors de la première votation fédérale sur ce sujet, en 1959, le résultat avait été exactement inverse: deux tiers des votants avaient dit non. Pourquoi?Dans les années 1950, la Suisse, en pleine Guerre froide, se rangeait résolument, sur le plan des mentalités, du côté des puissances occidentales. L’armée représentait notre capacité de défense face à une éventuelle agression de l’Union soviétique. Afin de la renforcer, le Conseil fédéral prévoyait d’intégrer obligatoirement les femmes dans un service civil, un projet sur lequel les hommes, seulement eux, devaient se prononcer, en 1957. Une large alliance d’organisations féminines s’insurgea contre cette exigence injuste. Mais c’est surtout l’avocate vaudoise Antoinette Quinche, présidente du Comité d’action suisse pour le droit de vote des femmes, qui orchestra cette campagne, qui aboutit à la première participation des femmes à une votation fédérale, dans sept communes.Voir plus
Pour offrir la meilleure expérience, nous utilisons des technologies telles que les cookies afin de stocker et/ou d’accéder à des informations sur votre appareil. En consentant à ces technologies, vous nous permettez de traiter des données telles que votre comportement de navigation ou des identifiants uniques sur ce site. Ne pas consentir ou retirer son consentement peut affecter négativement certaines fonctionnalités et fonctions.