Sa carrière comme directeur de théâtre et d’opéra a été fulgurante. A 44 ans, il se retrouve à l’épicentre d’une bataille politique sur les valeurs allemandesD’habitude, les jeunes à fort tempérament fuient le métier des parents. Pas Julien Chavaz: avec un père no 2 à l’Office fédéral de l’agriculture et une mère directrice d’école pour paysannes, le voilà qui engrange sagement un diplôme d’agronome à l’EPFZ, tâte de la diplomatie économique, devient secrétaire parlementaire. Peut-être pour se débarrasser du «complexe provincial» qui le chatouillait alors, ou du «syndrome de l’imposteur» hantant les plus créatifs.Mais un autre Julien prend forme sous la chrysalide. Une sœur en situation de handicap ne communique que par la musique, en chantant: cette musique – il ne le sait pas encore – va intégrer son corps, les corps que son futur métier l’amènera à diriger. Il y a aussi une grand-mère italienne qui lui transmet le sens de l’entregent, du contact facile (il s’exprime aisément dans cinq langues et en schwyzerdütsch). A côté de ses études, le jeune Fribourgeois mène «une vie de patachon», monte des opérettes déjantées avec trois bouts de ficelle, crée la compagnie Opéra Louise. Le soir de la première de Monsieur Choufleuri, une épiphanie se produit: mettre en scène de la musique sera sa vie.Voir plus
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