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Depuis six mois, 200 patients suisses avec la maladie d’Alzheimer reçoivent un nouveau médicament qui ralentit sa progression
LE TEMPS Santé
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Depuis six mois, 200 patients suisses avec la maladie d’Alzheimer reçoivent un nouveau médicament qui ralentit sa progression

Publié le 17 September 2026 à 16:03
Auteur : Aurélie Coulon

Le donanemab, un anticorps qui ralentit la progression d’une maladie d’Alzheimer précoce, a été autorisé en Suisse en février. Seulement 200 personnes sont traitées actuellement, sous étroite surveillance à cause de rares complications. Le remboursement est toujours négocié au cas par cas avec les assureursDepuis le mois de février, les médecins disposent en Suisse d’un nouveau médicament à proposer aux patients atteints d’une maladie d’Alzheimer précoce. Il s’agit du Kisunla, un anticorps (du nom de donanemab) fabriqué par l’entreprise Eli Lilly. Il cible directement l’amyloïde – une protéine accumulée en plaques toxiques dans le cerveau des malades – et permet son évacuation par le système immunitaire.Les résultats du premier essai clinique datant de 2023, publiés dans le Journal of the American Medical Association, montraient qu’après dix-huit mois de traitement chez des personnes en phase précoce l’amyloïde avait été évacuée chez 75% des participants, avec un ralentissement de près de 30% de la progression des symptômes de la maladie. Les patients, après un an, ont un peu moins perdu en autonomie. Une annonce réjouissante à l’époque, tant les options thérapeutiques sont limitées dans la maladie d’Alzheimer, toujours incurable.«En termes plus concrets, cela veut dire que l’on retarde en moyenne de quatre mois l’entrée en EMS. Mais il s’agit d’une moyenne, donc ce sera un an pour certains et rien pour d’autres», résume Gilles Allali, neurologue et directeur du Centre Leenaards de la mémoire au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV)*. «Ça peut paraître peu significatif, mais ça l’est pour les personnes concernées», conforte Aurélien Lathuilière, neurologue aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), qui prendra la tête du Centre de la mémoire des HUG en octobre.Mais les bénéfices cliniques observés en 2023 étaient ternis par une fréquence significative d’effets secondaires, tels qu’un œdème cérébral ou des micro-hémorragies, qui sont aussi plus fréquents avec la maladie. Ces effets indésirables ont été constatés chez 24% des participants avec donanemab contre 2% avec le placebo, mais ils n’ont pas forcément provoqué des symptômes. Le traitement a été arrêté plus souvent chez quatre fois plus de patients sous donanemab qu’avec le placebo. Ce qui a conduit les autorités de santé des pays où le donanemab est homologué à cibler les patients les moins à risque de faire des complications.
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Des critères restrictifs en Suisse
En Suisse, on compte environ 35 000 nouveaux diagnostics de maladie d’Alzheimer par an. Selon le fabricant, le Kisunla y est actuellement donné à environ 200 patientes et patients. Il est administré par perfusion toutes les quatre semaines dans un Centre de la mémoire. C’est le cas d’Annie, 65 ans, qui a été diagnostiquée au début de l’année avec une maladie d’Alzheimer précoce. «Ma famille a remarqué que j’avais des absences», raconte-t-elle. La patiente a été prise en charge à Genève, et après une série d’examens, son médecin lui a dit qu’elle était éligible pour recevoir l’anticorps.L’Office fédéral de la santé publique a fixé une liste de critères qui permettent à un malade de bénéficier du médicament même si ce dernier n’est pas dans la liste des spécialités remboursées par l’assurance obligatoire des soins (AOS). Les patients doivent passer trois types d’examens. D’abord, une IRM pour évaluer la présence d’œdème ou d’hémorragie. Ensuite, une imagerie du cerveau de mesure de la quantité d’amyloïde, comme référence de départ pour évaluer l’efficacité du traitement. Enfin, une prise de sang pour connaître le nombre de copies sur l’ADN du variant génétique ApoE4 – associé à un risque élevé de développer une maladie d’Alzheimer. Seuls les malades à un stade précoce de la maladie, qui ne possèdent pas deux variants d’ApoE4 et présentent un profil à l’IRM favorable, sont éligibles, ce qui représente au final environ 10% des patients seulement.
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«C’est très frustrant. Je vois ces patients toutes les semaines et je suis favorable à une approche plus libérale, soutient Aurélien Lathuilière. Aux Etats-Unis, les patients porteurs de deux copies d’ApoE4 ont accès aux traitements anti-amyloïdes. En Suisse et en Europe, ce profil génétique les exclut, à cause du risque accru de complications. Or ce sont justement ces patients qui vont développer une forme de la maladie plus précoce et plus agressive: ils sont prêts à assumer ce risque, dès lors qu’on leur explique les enjeux. Ce n’est pas à nous de décider à leur place.»L’expert y voit aussi une forme d’iniquité comparée aux traitements en oncologie, où l’on est prêt à prendre plus de risques pour gagner quelques mois de survie. Contrairement à une idée reçue, la maladie d’Alzheimer ne touche pas q

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