Le plan de paix de Donald Trump pour Gaza prévoyait le déploiement d'une force internationale de stabilisation (ISF) de 20 000 soldats. Le but : sécuriser l'enclave palestinienne et empêcher le retour du Hamas comme puissance militaire. Pourtant, selon le Wall Street Journal, cette force peine aujourd'hui à envoyer le premier contingent militaire prévu, alors même qu’il ne compte que 10 à 20 militaires, tous marocains.Initialement attendus en juin, ils ne devraient finalement être déployés que dans les prochains mois. Selon le WSJ, ils ne pénétreront pas immédiatement dans Gaza. La force doit se déployer par étapes depuis deux sites : d’abord une étape d’entraînement, qui aura lieu à la Logistics Support Area, ce nouveau hub logistique déjà en grande partie achevé en Israël près du passage de Kerem Shalom. Ils devraient ensuite rejoindre le Mission Support Site à l'intérieur de Gaza afin de participer à des opérations limitées dans l'enclave. Problème : ce site destiné à accueillir un nombre bien plus important de troupes n’a lui toujours pas commencé à être construit.Le Hamas refuse de se désarmerUne fois opérationnels, ces deux sites doivent accueillir environ 5 500 personnels de l'ISF. Le petit contingent marocain, composé d'officiers et de forces de sécurité, aura d’abord pour mission de sécuriser le site logistique, qui a récemment reçu sa première livraison de véhicules tactiques. Ce n'est qu'ensuite que les troupes basées là-bas mèneront des opérations de type expéditionnaire à l'intérieur de Gaza, comme des reconnaissances d'itinéraires.Mais selon le quotidien américain, la deuxième partie de ce plan est actuellement bloquée par le refus du Hamas de désarmer, condition indispensable au retrait des troupes israéliennes. Dans le schéma voulu par Washington, celles-ci auraient ensuite été remplacées par la force internationale entrée dans Gaza, sous la supervision d’un Board of Peace présidé par Donald Trump.L’instabilité régionale perturbe les plans de Donald TrumpAutre handicap : les conflits régionaux, notamment les guerres avec l'Iran et au Liban déclenchées par les États-Unis et Israël eux-mêmes, ont freiné les engagements de plusieurs pays qui devaient initialement prendre part à l’ISF. Daniel Shapiro, ancien haut responsable du Pentagone pour le Moyen-Orient sous l'administration Biden, estime auprès du journal que la guerre avec l'Iran "a affaibli l'appétit" de certains États pour participer à la mission. Selon le WSJ, l'Indonésie, qui envisageait d'envoyer plusieurs milliers de soldats, a suspendu sa participation pour cette raison. À ce stade, seuls l'Albanie, le Kazakhstan, le Kosovo et le Maroc sont en passe de formaliser leur engagement.Le projet de reconstruction de l’enclave, présenté par Donald Trump lors du lancement de son plan de paix en octobre, devait ouvrir la voie à d'importants investissements dans la reconstruction de Gaza. Mais, selon le Wall Street Journal, il avance aujourd'hui au ralenti : le Board of Peace dit n'avoir réuni qu'une fraction des quelque 17 milliards de dollars promis.Le projet de reconstruction lui aussi au point mort Parmi les projets en stand-by, un développement prévu à Rafah, dans le sud de Gaza : les "Emirates Temporary Planned Communities", un projet pilote destiné à loger environ 25 000 Gazaouis déplacés de Rafah et censé servir de modèle pour d'autres zones de l'enclave. Mais ces travaux ne peuvent avancer que dans les parties de Gaza actuellement contrôlées par Israël, et peu de donateurs, surtout parmi les États arabes riches, veulent financer des projets qu'ils voient comme une manière d'entériner l'occupation israélienne, tandis que la plupart des travaux restent gelés tant que le Hamas ne remet pas ses armes.Lundi 6 juillet, le Hamas a annoncé être prêt à transférer le pouvoir civil à un conseil technocratique palestinien, sans toutefois s'engager à désarmer sa branche armée. Des analystes cités par le WSJ y voient un possible signal d'ouverture, quand d'autres parlent d'un simple geste politique. Pendant ce temps, les conditions de vie continuent de se dégrader à Gaza, où les 2,1 millions d'habitants vivent toujours au milieu des destructions.
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