Avec une forte dose d’autodérision, l’autrice raconte son combat contre la tentation du vide au sein de trois institutions spécialisées en Suisse romandeC’est un petit livre à la couverture sobre qui, a priori, n’attire pas le regard. Sur la page de garde, une adresse: «A celles et ceux qui tombent, à celles et ceux qui reviennent». Ce qui suit est donc l’histoire d’une résilience, d’une renaissance après la chute. A commencer par cette entame: «Je suis sur un brancard, sanglée – enfin, à moitié. L’autre moitié, c’est ma fierté, qu’on a laissée quelque part entre la seringue et le couloir. […] Le plafond défile. Les néons m’agressent avec l’acharnement d’un écrivain raté: toujours trop, jamais bien.» D’emblée, le ton est donné. Malgré le drame intime qu’elle relate, c’est avec un humour poli et une forte dose d’autodérision que l’auteure a choisi de raconter son périple sur le fil d’un profond mal-être. «La survie, parfois, commence par un fou rire mal placé.»Ce récit personnel fait écho à Folie entre mes doigts, premier roman publié aux Editions Mercure de France en 2025 par une autre auteure romande, Alice Botelho (Prix Pittard de l’Andelyn 2026). Celle-ci y retraçait, sur le mode de la fiction, l’internement volontaire en clinique psychiatrique de son alter ego à la suite d’un effondrement psychique. Dans le roman de l’une comme dans le récit de l’autre y sont décrits, avec un sens aiguisé de l’observation, le caractère coercitif des lieux d’internement, la fragilité du processus thérapeutique et la cohabitation contrainte avec les autres patients.Voir plus
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