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«Avec un physique comme ça, vous devriez faire autre chose»: le visage, un concentré de préjugés au travail
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«Avec un physique comme ça, vous devriez faire autre chose»: le visage, un concentré de préjugés au travail

Publié le 10 August 2026 à 14:59
Auteur : Le Temps

Une apparence avantageuse peut faciliter le parcours professionnel, du recrutement au salaire. Pour les femmes, la beauté peut aussi prendre l’aspect d’une couronne chargée d’épines et les enfermer dans des représentations sexistesC’était l’été, il était tôt, un peu avant 8 heures du matin. Anna (tous les prénoms ont été modifiés) portait une robe crème, assez courte mais appropriée au contexte professionnel estival. En traversant un couloir, elle croise le regard de la directrice des ressources humaines (DRH) qui discute avec un collègue. En la voyant passer, cette dernière lâche entre ses dents: «Ce que tu es belle, c’est écœurant.» Au début des années 1990, Anna a 25 ans et elle vient d’être recrutée chez Coca-Cola, après des études littéraires et un début de carrière dans l’enseignement. Propulsée dans une entreprise où règne la culture des diplômés d’école de commerce, elle nourrit son syndrome de l’imposteur. Ses collègues la surnomment «la Jackie Kennedy», en référence à sa ressemblance avec l’ancienne première dame des Etats-Unis.Mais avec la remarque de la DRH, c’est la première fois que son physique est ainsi commenté et jugé au travail. Le ton, le regard, le contexte ne laissent aucun doute: ce n’était pas une admiration, c’était une marque d’hostilité. «Ce moment a cristallisé quelque chose que j’ai ressenti durablement dans cette entreprise: une forme de sanction implicite liée à mon apparence», raconte Anna, aujourd’hui âgée de 58 ans. Belle et donc suspecte de l’être. «J’ai compris avec le temps qu’une femme jugée séduisante doit souvent fournir un effort supplémentaire pour démontrer sa compétence intellectuelle ou sa légitimité professionnelle. On vous observe davantage, on interprète vos vêtements, votre manière de parler, votre aisance. Et le moindre signe de féminité peut être lu comme de la superficialité.»Voir plus

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