Le chef britannique Simon Rattle a confronté lundi Rachmaninov et Richard Strauss pour une soirée électrisée par l’énergie du Verbier Festival Orchestra. RécitAprès l’ivresse tellurique de la Turangalîla-Symphonie de Messiaen, la deuxième grande soirée symphonique du Verbier Festival n’aura rien eu d’un retour au calme. Simon Rattle dirige le Verbier Festival Orchestra, cette formation éphémère réunissant chaque été de jeunes musiciens venus du monde entier, dans un programme où se côtoient Ligeti, Wagner, Rachmaninov et Richard Strauss. Quatre univers pour éprouver les limites de l’orchestre et révéler l’extraordinaire plasticité de cet ensemble désormais placé sous la direction artistique du chef britannique.L’entrée en matière surprend par sa brièveté autant que par sa force d’évocation. Les Atmosphères de György Ligeti ouvrent un espace sonore sans contours, où les masses orchestrales semblent respirer plutôt que progresser, où les timbres se fondent dans une matière vibrante, presque immobile. Sans laisser au silence le temps de s’installer, Simon Rattle enchaîne avec le Prélude de Lohengrin. Les cordes suspendent leur souffle dans l’extrême aigu; la musique paraît naître d’elle-même, irradiée d’une lumière intérieure. Admirable métamorphose: du mystère abstrait de Ligeti surgit l’aura mystique de Wagner, comme le chevalier apparaissant des brumes pour répondre à l’appel d’Elsa.Voir plus
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