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Au Soudan du Sud, le président Salva Kiir dissout le gouvernement avant des élections historiques
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Au Soudan du Sud, le président Salva Kiir dissout le gouvernement avant des élections historiques

Publié le 22 September 2026 à 23:16
Auteur : Le Temps avec l’AFP

Les vice-présidents, ministres et administrateurs locaux ont été relevés de leurs fonctions, tandis que les assemblées ont été dissoutes, selon un décret présidentiel diffusé mardi soir. Le président reste, lui, en fonction. Un «pas décisif», selon Amnesty, avant les premières élections de l'histoire du pays prévues le 22 décembreLe président du Soudan du Sud Salva Kiir a dissous, mardi, le gouvernement de transition et nommé une administration intérimaire en vue des premières élections de l'histoire du pays, prévues le 22 décembre dans un contexte très incertain.Tous les vice-présidents, ministres et administrateurs locaux ont été relevés de leurs fonctions, tandis que les assemblées nationale et des Etats ont été dissoutes, selon un décret présidentiel diffusé par la télévision nationale mardi soir. Selon le décret, les forces constituées et le pouvoir judiciaire resteront pleinement opérationnels.«Le président en exercice demeure en fonction en tant que président de la République du Soudan du Sud pendant la période électorale, jusqu'à ce que le prochain président élu entre en fonctions», ajoute le décret.
Portrait: Salva Kiir, militaire devenu président

Un «pas décisif» vers une «élection historique»
La plus jeune nation du monde a obtenu son indépendance en 2011, mais a rapidement sombré dans une guerre civile de cinq ans. Les élections sont prévues le 22 décembre, après avoir été reportées à deux reprises, mais le gouvernement n'a pratiquement pas mis en oeuvre les conditions préalables fixées dans l'accord de paix de 2018. Aucun électeur n'a été inscrit, les armées rivales n'ont pas été unifiées et la Constitution tant attendue ne s'est jamais matérialisée.Amnesty International a qualifié cette décision de «pas décisif» pour le Soudan du Sud vers une «élection historique», tout en exhortant les autorités à «veiller à ce qu'un environnement favorable existe pour que les personnes puissent voter et se présenter aux élections».«La légitimité de toute élection dépend non seulement du fait qu'elle ait lieu, mais aussi de la possibilité pour les personnes d'exercer leurs droits librement, en toute sécurité et sur un pied d'égalité», a souligné Amnesty dans un communiqué.
Des «zones d'ombre» persistent
La dissolution du gouvernement intervient au lendemain de la promulgation par le chef de l'Etat – et candidat probable à la présidentielle – d'une loi électorale lui permettant de rester à la tête du Soudan du Sud jusqu'au scrutin et l'autorisant à relever ses vice-présidents de leurs fonctions.Selon des analystes, ces changements pourraient faire de Salva Kiir «la seule personne au pouvoir». Il serait «sans vice-présidents, sans pouvoir exécutif, sans parlement», a déclaré à l'AFP Michael Wani, avocat et ancien membre du comité de rédaction de la Constitution.L'analyste indépendant Machot Amuom a estimé qu'il y avait beaucoup de «zones d'ombre». «La nouvelle loi donne au président tous les pouvoirs (...) Il peut décider de ne pas organiser d'élections pendant encore un an ou même deux ans.»
Toujours pas de Constitution
Après sa séparation du Soudan en 2011, le Soudan du Sud a sombré dès 2013 dans une guerre civile sur fond de lutte pour le pouvoir entre le président Salva Kiir et son vice-président Riek Machar, qui a fait 400 000 morts et quatre millions de déplacés.L'accord de paix de 2018 prévoyait un partage du pouvoir entre Salva Kiir et Riek Machar – à nouveau aux postes de président et vice-président – durant une période de transition censée initialement s'achever en 2022 par des élections plusieurs fois reportées. Riek Machar a ensuite été arrêté en mars 2025, puis placé en résidence surveillée et des combats ont repris dans plusieurs zones du pays entre l'armée loyale à Salva Kiir et les milices fidèles au vice-président déchu.De nombreux préalables aux élections, stipulés par l'accord de 2018, n'ont jamais été mis en oeuvre: le Soudan du Sud n'a notamment toujours pas de Constitution définitive et n'a ni procédé à un recensement de la population ni commencé l'enregistrement des électeurs.La loi électorale promulguée lundi «sépare la tenue des élections du processus d'élaboration d'une Constitution permanente et du recensement de la population et des logements», a fait savoir la présidence sud-soudanaise.
Crainte de violences
Le 22 décembre, les Sud-Soudanais seront invités à élire notamment le chef de l'Etat, les députés, les exécutifs et législateurs des dix Etats et trois zones administratives. Mais l'insécurité et une situation humanitaire catastrophique font douter des observateurs de la possibilité d'organiser un scrutin réellement libre et équitable sur l'ensemble du territoire. Certains craignent qu'il ne soit un déclencheur de nouvelles violences.
Lire aussi: L’ONU alerte: le Soudan du Sud se trouve face à un

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