Chaque jour de cette semaine, un écrivain revient sur ce que la guerre a fait dans sa vie, dans son écriture. Dans ce quatrième épisode, l’écrivaine libanaise Hala Moughanie raconte la suffocation de son pays et la sienne, et l’étouffement du langage devant la réalitéJe voudrais réécrire tous mes livres.Etais-je trop jeune en écrivant les derniers, il y a 1, 3, 5 ans? Ou peut-être que, par un système de balancier, ce sont mes textes qui ont rajeuni, alors que l’intensité des dernières guerres sur le Liban m’a fait vieillir d’un coup, blanchissant mes cheveux, annihilant le peu qui me restait d’insouciance, brutalisant tout en moi jusqu’à me fissurer, jusqu’à craquer quelque chose que je perçois vaguement sans parvenir à le définir.Voir plus
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