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Après la catastrophe nazie, le temps du malaise, de la censure et du mythe
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Après la catastrophe nazie, le temps du malaise, de la censure et du mythe

Publié le 23 July 2026 à 16:26
Auteur : Le Temps

Dans l’immédiat après-guerre, la Suisse doit justifier sa neutralité en façonnant un récit qui nécessite un intense travail de censure. L’épisode de la collaboration du général Guisan avec l’armée française fait figure de tabou. Cette fois-ci, ce sont les Alliés qui vont pourtant refaire surgir les documents en attestant l’existence«J’étais hier à Genève quand la nouvelle de la capitulation allemande s’est répandue. Presque aussitôt, la population, en liesse, s’est ruée sur les petits drapeaux alliés. Ce qui choquait, c’était l’allure de gigolos qui avaient vu la libération de Paris aux «actualités» et qui, juchés sur des camions, parcouraient les rues avec des clameurs triomphantes. Comme cela paraît aujourd’hui déplacé, où l’on n’a pas vraiment souffert, où le sang n’a pas coulé!» En date du 8 mai 1945, Bernard Barbey, désormais chef de l’état-major particulier du général Guisan prend soin de saisir l’atmosphère d’une journée historique. L’officier note encore: «Dans les discours de ce soir, où il y a des choses fortes et belles, sans doute, on s’étonne de trouver des allusions à l’assurance-vieillesse et à la législation agraire. Est-ce possible, dans un jour où le pays le plus miraculeusement épargné d’Europe célèbre la fin de la guerre mondiale? A l’étranger, les gens qui nous aiment – ou ceux qui nous jalousent – pourront penser de nous: «En voilà qui ne perdent pas le nord…»

Dans les environs d'Huningue (France) près de la frontière Suisse, des fantassins du 1er Corps d Armée de la 1ère Armée Française rassemblent des soldats allemands faits prisonniers, le 30 novembre 1944. — © IMAGO / IMAGO/opale.photo

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