
Depuis 2000, l'étude Pisa interroge, tous les trois ans, des centaines de milliers d'élèves de 15 ans pour évaluer leurs compétences scolaires. Ses derniers résultats, publiés le 8 septembre, sont alarmants : jamais la compréhension de l'écrit n'a été aussi basse. Une chute de 25 points à travers le monde, alors que 20 points équivalent à une année d'apprentissage. En Europe, seul le Royaume-Uni reste à un niveau similaire au précédent classement. La France, elle, décroche de 18 points en trois ans et de 40 points en dix ans.Premiers coupables : les réseaux sociaux et les écrans, mais aussi le manque d'encouragement des adultes à lire des textes longs. "A l'ère de l'intelligence artificielle, la capacité à lire de manière critique, à évaluer la crédibilité de l'information et à porter des jugements éclairés est susceptible de devenir encore plus précieuse, alerte le rapport Pisa. Le défi pour les systèmes éducatifs est donc de savoir comment redonner aux jeunes le goût de la lecture."Irlande : le leader européen, pas à l'abri du déclinSi, au niveau européen, l'Estonie remporte la mise dans toutes les matières, ce sont les héritiers d'Oscar Wilde qui finissent premiers du continent en lecture (et septièmes mondiaux). Le résultat d'un attrait historique pour la littérature, mais aussi d'une stratégie nationale mise en place en 2011, consacrant davantage de temps aux langues à l'école primaire. Prudence tout de même : Dublin a réduit cette priorité en 2023 et son score de compréhension de l'écrit a chuté de 21 points en trois ans.Royaume-Uni : les Anglais résistent grâce à l'autonomie des profsAu Royaume-Uni, l'égalité n'est pas de mise dans le classement Pisa : alors que l'Ecosse, le Pays de Galles et l'Irlande du Nord chutent dans toutes les matières, les élèves anglais améliorent leur bulletin scolaire. En lecture, l'Angleterre est l'une des seules nations européennes à progresser, gagnant un point par rapport à 2023. La raison principale, selon les experts : une large autonomie accordée aux établissements depuis 2010, doublée d'une hausse des qualifications demandées aux enseignants. View this post on Instagram Suisse : l'accent remis sur les fondamentauxEn confédération helvétique, la pente est plus douce qu'ailleurs en Europe, mais la baisse du niveau des élèves inquiète également. En dix ans, les petits Suisses ont perdu l’équivalent d’une année de scolarité en apprentissage de la lecture. Les décideurs politiques et les directeurs d'établissement se sont mis d'accord sur un retour aux savoirs fondamentaux : lire, écrire, calculer doivent redevenir des priorités, au détriment de savoirs plus variés comme les soins de premiers secours ou la nutrition.Suède : le retour à l'âge du papierStockholm n'a pas attendu le classement Pisa pour lancer ses réformes scolaires. Depuis 2022, le gouvernement suédois tente d'éloigner les enfants des écrans au maximum avec ce slogan : "de l'écran au classeur". Alors que les tablettes numériques étaient obligatoires dès l'école maternelle depuis 2019, le ministère de l'Education nationale revient au papier-crayons, aux livres et a interdit les téléphones portables dans toutes les écoles du royaume, afin de favoriser la concentration des élèves. Slovaquie : mobilisation nationale pour enrayer la chuteLors du dernier rapport Pisa, en 2023, la Slovaquie avait sombré. "Une tragédie nationale", s'était alors emporté le ministre de l'Education, constatant une chute de 11 points de ses élèves en lecture. 300 experts ont travaillé sur une réforme adoptée dès l'année suivante, augmentant drastiquement le temps de parole accordé aux élèves en classe et mettant fin à la priorité donnée à l'apprentissage "par cœur". Résultat, le pays a arrêté son déclin, regagnant un point en compréhension écrite cette année.
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