En matière de tourisme, une forme de scission s’exerce entre ceux qui se rendent dans les destinations «nouvelles», censées être plus brutes et authentiques, et les autres. Souvent inconscient, le mépris de classe se dessineAu placard, les guides de voyage. Ça y est, les réseaux sociaux les ont remplacés. Preuve en est, le hashtag #voyage compte plus de 2,5 millions de publications sur TikTok. Quelques secondes de scroll intensif sur l’application suffisent à comprendre que les algorithmes soufflent le chaud comme le froid. «Les cinq destinations les plus visitées par les cool girls en 2026 et que je te recommande d’ajouter à ta bucket list avant que tout ton feed n’y soit», introduit Ilona, plus connue sur le pseudonyme @aventurieredumonde (50 000 abonnés sur TikTok),dans une vidéo parue il y a quelques semaines. La vidéaste lance: «Déjà, tu as Taghazout [au Maroc]. Toutes les cool girls y vont pour le surf, les roof tops et surtout pour chiller face à la mer».Frénétique, notre pouce scrolle vers le bas, une nouvelle vidéo défile au hasard et capture notre attention – bien en berne.Dans celle-ci, une autre internaute, Aliénor, déroule de son côté les destinations «surcotées» en 2026. Tiens, tiens, Taghazout revient à nouveau. «J’y allais il y a 4-5 ans, c’était hyper authentique. Maintenant, c’est l’explosion des coffee shops […] J’ai vraiment peur pour l’avenir de cette destination. Et qu’on continue de dire sur les réseaux «le vrai Maroc» alors que ce n’est plus le vrai Maroc», regrette la voyageuse, en ce moment en plein périple en Amérique latine.Voir plus
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