La Fribourgeoise de 22 ans, sacrée championne d'Europe la semaine dernière, a été acclamée par le public de la Pontaise même si elle n'a pas réussi sa meilleure course de la saison. La nouvelle piste du stade lausannois a tout de même été inaugurée en beautéLe record du monde du 800 mètres résiste encore à Audrey Werro. Pour son retour à la compétition sur sol suisse, la championne d'Europe de Birmingham a été acclamée par le public de la Pontaise, vendredi, dans les derniers moments de la 51e édition d'Athletissima. La Fribourgeoise de 22 ans a, c'est désormais habituel, dominé son épreuve mais a dû se contenter d'un chrono de 1'55''33, qui constitue certes le record du meeting, mais qui reste assez éloigné de sa meilleure performance personnelle (1'53''80) et encore plus du temps qu'elle est désormais condamnée à chasser à chaque course: les 1'53''28 de Jarmila Kratochvilova, fixés dans les annales depuis 1983.«Je ne pensais pas que ça allait être pour ce soir, a témoigné à chaud Audrey Werro au micro de la RTS. Cela m'a fait très plaisir de courir en Suisse, après pas mal d'épreuves à l'étranger, et je me sentais en forme, mais je ne suis pas rentrée il y a très longtemps et j'ai eu pas mal d'émotions à digérer. Est-ce que j'ai ce chrono dans les jambes? Il faudra aller vite. Mais… je pense que je peux m'en approcher, tout du moins.»
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Ce genre de perspectives est le privilège d'un très petit nombre d'athlètes. Même dans un rendez-vous aussi relevé qu'Athletissima, tous les participants n'ont pas la chance, à moins qu'il ne s'agisse de talent, ou d'autre chose encore, de se battre pour écrire l'histoire du sport. Mais les meetings d'athlétisme sont truffés de marques de référence, personnelles, nationales, de telle ou telle catégorie d'âge, que chaque compétition menace de près ou de loin. C'est même la magie de ce sport, où un vaincu peut hurler de joie sur la ligne d'arrivée car il n'a jamais aussi bien couru.
La championne d'Europe aux commandes de la course. — © JEAN-CHRISTOPHE BOTT / keystone-sda.ch
«Trop de vent...»
Combien de records battus vendredi? Difficile à dire, pour peu qu'on les traque jusque dans les «personnal bests» (PB) des engagés du pré-programme. La moisson commence en effet bien avant la prise d'antenne des chaînes de télévision, avec les épreuves plus ou moins relevées, plus ou moins originales aussi qui animent l'apéro des nombreux spectateurs au rendez-vous dès la fin de l'après-midi.A 18h28, un 300 mètres masculin vaut le coup d'oeil, avec la présence d'un certain Emile Mumenthaler, petit frère du double médaillé européen du 200 mètres Timothé, encore en bronze la semaine dernière à Birmingham. Le bonhomme coupe la cellule en 33''70, son record personnel sur la distance - certes inhabituelle. Merci le rebond de la nouvelle piste, installée ce printemps? «Je dois reconnaître que dans le virage, j'ai été surpris d'arriver aussi vite», souffle en zone mixte le Genevois de 19 ans, qui aurait «bien aimé battre le record de Suisse» des moins de 20 ans aussi. Mais c'est son camarade d'entraînement Akira Eghagha, un autre Genevois de 19 ans, qui s'en est emparé en 32''78, soit 63 dixièmes de seconde de moins que Ricky Petrucciani en 2019. «C'est spécial de le faire ici, à Athletissima», souffle le grand espoir du sprint national entre deux décharges d'acide lactique dans les guiboles. «Ça motive», lance-t-il. A figurer au programme principal l'an prochain? «Exactement.»C'est aussi le cas de Mujinga Kambundji, qui court encore après son meilleur niveau huit mois après avoir accouché de son premier enfant. Pour le coup plutôt contente de figurer dans la «finale B» du 200 mètres, qui correspond davantage à son niveau actuel que la course principale, la Bernoise ne boucle son demi tour de piste qu'en 23''87 - à cinq dixièmes de son «season best» (SB). «Mais je me suis sentie plus rapide qu'aux Championnats d'Europe de Birmingham, alors que mon chrono est moins bon, évalue-t-elle. Les conditions ne sont pas top: trop de vent…»
Des MR comme s'il en pleuvait
Aïe. On comprend que la soirée ne sera pas forcément propice aux exploits. Paulien Couckuyt s'empare pourtant du record de Belgique du 400 mètres haies féminin en 53''28. Elle ne termine que troisième d'une course remportée par la Slovaque Emma Zapletalova, mais les médias de son pays ne tardent pas à saluer le chrono «fantastique» de la jeune femme submergée par un «grand bonheur».
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