Les Genevoises n'ont pas fait le poids face à la plus titrée des équipes européennes, mercredi soir à la Praille. Une entrée en matière difficile, qui rappelle les six défaites en concédées en six matchs lors de leur première participation il y a cinq ansLe fossé qui sépare les meilleures équipes suisses féminines de l'élite européenne demeure abyssal. C'est le constat, sans appel, qu'a dessiné mercredi soir au Stade de Genève le match opposant le Servette FC Chênois Féminin (SFCCF), qui reste sur un brillant doublé Coupe-championnat et domine assez largement les autres clubs du pays ces dernières années, à l'OL Lyonnes, lors de la première des six journées de la Ligue des championnes. Le score à la mi-temps avait déjà des allures de correction: 0-4. Les visiteuses ont ajouté quatre buts dans une seconde période sans enjeu pour porter l'addition finale à 0-8.Il faut tout de suite poser que les Genevoises n'ont pas commencé leur épopée européenne par la moins coriace des adversaires. L'OL Lyonnes, c'est un palmarès unique au monde avec huit victoires en Ligue des championnes et 19 titres de championne de France depuis 2007. Ce sont des stars internationales à tous les postes, dont cinq en course pour le Ballon d'or. C'est un entraîneur, Jonatan Giraldez, deux fois distingué comme le meilleur du monde parmi ceux qui officient à la tête d'équipes féminines de club. C'est enfin un début de saison étourdissant en Division 1 française: 8-1 contre Le Havre, 7-1 contre Fleury 91, 7-1 contre le Paris FC, que Servette rencontrera le 16 décembre: on parle là des vice-championnes de France…
Lire aussi: Du FC Lyon à l’OL Lyonnes, l’édification d’un empire du football au féminin
Tout a changé
Mardi, Jonatan Giraldez avait laissé entendre que ses protégées ne prendraient pas de haut leurs adversaires suisses. Cela s'est confirmé sur le terrain. Avant de se ruer à l'attaque, les Lyonnaises ont mis en place une domination absolument implacable, dont les joueuses de l'Argentin Cristian Toro n'allaient absolument jamais parvenues à se défaire pendant une partie disputée pour l'essentiel sur une moitié de terrain. L'ouverture du score est tombée dès la 8e minute de jeu, par le pied de la malheureuse défenseuse Laia Ballesté. Peu avant la demi-heure, on pouvait encore se dire qu'à défaut de créer quoi que ce soit, les Genevoises limitaient les dégâts, mais le 2-0 de Marie-Antoinette Katoto est arrivé à la 28e, et les réussites suivantes se sont égrénées inexorablement. Juste avant la mi-temps, seule face à la gardienne néerlandaise Jacintha Weimar, l'Haïtienne Melchie Dumornay marquait d'un joli petit lob que le public genevois saluait, contre mauvaise fortune bon coeur.Tout le monde s'attendait à une différence de niveau. Sans doute, dans les rangs grenat, l'espérait-on un peu moins violente, cinq ans après une première participation à la Ligue des championnes. En 2021, le SFCCF perdait six fois en autant de rencontres face à Chelsea, Wolfsburg et la Juventus, encaissant 23 buts et n'en marquant aucun. C'était une expérience formatrice, se consolait-on alors. Et depuis, à Servette, «beaucoup de choses ont changé», comme le soulignait au printemps la directrice sportive Marta Peiró Giménez dans Le Temps: l'organisation du club, les infrastructures, la professionnalisation des joueuses et de l'encadrement, sans parler du personnel: des bureaux au terrain, il ne reste presque personne de la précédente campagne européenne.
Le public d'il y a cinq ans
Mais dans un football féminin qui n'a pas encore achevé son développement, une équipe sérieuse et bien entraînée ne peut pas encore, par la simple rigueur tactique et le dévouement à la cause, contrarier la puissance des plus grosses cylindrées. C'est d'autant plus difficile que ce rôle de «petite équipe», contrainte à défendre et contrer, les Genevoises le connaissent mal. En Suisse, ce sont elles qui dominent.
Lire aussi: Marta Peiró Giménez: «Les étrangères de Servette profitent à tout le Championnat de Suisse»
Mercredi, 5762 personnes ont garni le Stade de Genève pour leur retour en Ligue des championnes. C'est bien sûr une affluence de gala, mais qui s'inscrit dans les standards fixés il y a cinq ans: 5900 contre la Juventus, 12 000 contre Chelsea (au prix de nombreuses invitations distribuées aux écoles), 3400 contre Wolfsburg un soir d'hiver. L'Euro 2025 est passé par là, remplissant notamment de 27 000 supporters le Stade de Genève pour un mémorable Suisse-Finlande, mais le football féminin a davantage peiné qu'espéré à pérenniser sa popularité d'un été.Servette se dirige désormais vers un week-end sans match, avant de s'en aller jeudi prochain au Danemark défier Køge - un adversaire plus à sa portée.
Lire aussi: Melchie Dumornay, la footballeuse qui monte: «J’aime surprendre»
Pour offrir la meilleure expérience, nous utilisons des technologies telles que les cookies afin de stocker et/ou d’accéder à des informations sur votre appareil. En consentant à ces technologies, vous nous permettez de traiter des données telles que votre comportement de navigation ou des identifiants uniques sur ce site. Ne pas consentir ou retirer son consentement peut affecter négativement certaines fonctionnalités et fonctions.