Royaume-Uni : le mystère persiste autour du projet présumé d'attaque contre une base militaire
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Royaume-Uni : le mystère persiste autour du projet présumé d'attaque contre une base militaire

Publié le 30 September 2026 à 10:19
Auteur : Enola Richet

Cinq suspects arrêtés pour la préparation présumée d'un acte terroriste, puis remis en liberté sous caution dès le lendemain. De l'essence en large quantité retrouvée dans leurs véhicules, mais aucun explosif. Trois jours après l'incident survenu dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27 septembre près de la base américaine de RAF Fairford située dans le comté britannique de Gloucestershire, l'enquête de police tente toujours de comprendre si un acte terroriste était bien en préparation — aucune explosion n'a eu lieu — et de démêler les circonstances très floues de ces événements.Un élément particulièrement étonnant ajoute à la confusion : selon le journal britannique The Times, l'un des hommes interpellés avait lui-même appelé la police près d'une heure avant qu'une agricultrice ne signale plusieurs camionnettes entourées d'hommes cagoulés près de la base militaire, à 1h36 du matin dimanche. Les cinq hommes, des ressortissants britanniques d'une vingtaine d'années vivant à Londres, ont été arrêtés dans la foulée pour préparation présumée d'un acte terroriste. Ils ont finalement été libérés sous caution lundi soir, tout en restant sous enquête et soumis à de strictes conditions.Une répétition ?Les circonstances exactes de l'incident restent obscures. Les enquêteurs cherchent notamment à comprendre pourquoi l'un des suspects a appelé le 999 : prise de panique, volonté de se retirer ou appel prévu dans l'opération ? Si les trois véhicules du groupe ont été examinés par la police scientifique, le chef de l'antiterrorisme britannique Laurence Taylor a confirmé ce mardi 29 septembre qu'aucun engin explosif improvisé n'avait été découvert, malgré la grande quantité d'essence saisie. Un nouvel élément qui a contribué à éloigner le scénario d'un attentat à la bombe imminent, sans pour autant lever les soupçons sur les intentions du groupe.Les enquêteurs envisagent donc plusieurs scénarios, selon les informations du Times. Parmi eux, une opération de surveillance de la base militaire, une répétition destinée à tester sa sécurité, ou bien une opération symbolique destinée à envoyer un message. L'hypothèse d'une opération menée pour le compte de l'Iran est aussi étudiée. La base de Fairford est principalement utilisée par les forces américaines et sert au décollage des bombardiers engagés dans des frappes au Moyen-Orient. En juillet, les Gardiens de la révolution iraniens avaient averti que l'utilisation du site contre l'Iran en ferait une "cible légitime". L'ambassade d'Iran à Londres a toutefois "catégoriquement rejeté" toute implication.Washington oriente vers TéhéranWashington semble avoir peu de doutes quant à l'origine de l'attaque. Auprès de journalistes, Donald Trump s'est dit lundi surpris par la remise en liberté des suspects, et a affirmé qu'ils pourraient être liés à l'Iran, sans développer davantage, rapporte le New York Times. "Je connais la réponse. Je pourrais être très précis, mais je préfère ne pas le dire", s'est-il contenté d'avancer. Sur Fox News, le secrétaire d'État Marco Rubio a quant à lui qualifié l'affaire de "situation très grave" et assuré qu'elle impliquait "clairement la main d'un acteur étranger", sans fournir de preuve ni identifier le pays concerné. Il a toutefois cité l'Iran dans la même prise de parole, avant de conclure qu'"il y a beaucoup plus d'informations qui sortiront dans les jours à venir".Les autorités britanniques restent, elles, beaucoup plus prudentes. Le Premier ministre Andy Burnham a appelé à ne pas spéculer tant que l'enquête se poursuit. La police antiterroriste a aussi défendu la remise en liberté des cinq hommes, assurant qu'elle reposait sur l'état actuel des éléments recueillis et sur les pouvoirs juridiques dont disposent les enquêteurs. Des perquisitions ont déjà eu lieu à Londres et les investigations pourraient durer plusieurs semaines, notamment pour déterminer si l'affaire relève du National Security Act, qui sanctionne les actes commis pour le compte d'une puissance étrangère.

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