Irak : l'armée américaine se retire du pays, plus de 20 ans après la chute de Saddam Hussein
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Irak : l'armée américaine se retire du pays, plus de 20 ans après la chute de Saddam Hussein

Publié le 30 September 2026 à 11:08
Auteur : L'Express

Les forces américaines ont mis fin à leur mission en Irak ce mercredi 30 septembre, un départ qui risque de créer un vide sécuritaire et laisser ainsi le champ libre à l'Iran et à ses appuis chiites dans le pays, ainsi qu'à Daech, en pleine résurgence, qui pourrait saisir cette occasion de se réorganiser.Ce retrait, principalement effectué depuis la base aérienne d'Erbil, dans la région kurde semi-autonome, a de fait été célébré comme une victoire par Téhéran et ses alliés. Il avait été décidé en 2024 sous la présidence de Joe Biden et a été mis en œuvre par l'administration de Donald Trump, alors même que celle-ci mène une guerre contre l'Iran. Il intervient 23 ans après que les forces dirigées par les États-Unis ont renversé Saddam Hussein, déclenchant ensuite des années de bouleversements et de chaos qui ont culminé avec l'essor de Daech.Le Pentagone a déclaré ce mercredi que les États-Unis et leurs partenaires de coalition avaient officiellement mis fin à l'opération "Inherent Resolve" (appelée opération "Détermination absolue" en français) et qu'il continuerait à fournir à ses partenaires irakiens une formation ciblée ainsi qu'un soutien en matière de renseignement. Les Irakiens doivent désormais prendre la tête des efforts visant à assurer la sécurité du pays et à maintenir sous contrôle les derniers éléments de Daech, a ajouté le ministère américain de la Défense."Les vides sécuritaires peuvent être extrêmement dangereux"Si le départ des forces américaines est largement plébiscité par les Irakiens, certains craignent que les forces de sécurité formées et financées par les Etats-Unis ne soient toujours pas en mesure de protéger le pays. "La leçon à tirer des deux dernières décennies est que les vides sécuritaires peuvent être extrêmement dangereux", a déclaré à Reuters Djassim al Bahadli, spécialiste des mouvements armés chiites alignés sur l'Iran.Les Etats-Unis ont envahi l'Irak en 2003 pour renverser le dirigeant sunnite Saddam Hussein, puis ont occupé le pays, installé un gouvernement à dominante chiite et combattu pendant des années une rébellion de mouvements armés disparates, mais essentiellement djihadistes, avant de se retirer une première fois en 2011. Ils ont été contraints de revenir seulement trois ans plus tard pour aider les forces irakiennes à vaincre Daech, une organisation sunnite, entre 2014 et 2017. Au total, près de 4 500 Américains sont morts dans l'opération "Liberté irakienne", soit environ deux fois plus que dans la guerre lancée parallèlement en Afghanistan après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, qui s'est achevée de manière abrupte avec un retrait des forces américaines en 2021.Ces dernières années, l'Irak a été le seul pays à entretenir des liens politiques et militaires étroits aussi bien avec les Etats-Unis qu'avec l'Iran, Washington et Téhéran ayant parfois utilisé son territoire comme terrain d'affrontement indirect. Les Etats-Unis ont ainsi tué Qassem Soleimani, chef de la force Al Qods, unité d'élite chargée des opérations extérieures au sein du Corps des gardiens de la révolution iraniens, dans une frappe sur l'aéroport de Bagdad en janvier 2020. Les alliés de l'Iran ont pour leur part tiré régulièrement contre des bases militaires américaines, entraînant des représailles. Depuis le déclenchement de la guerre ouverte contre l'Iran en février dernier, sept des 18 membres des forces américaines officiellement tués dans ce conflit l'ont été en Irak.L'Iran, qui affirme que son objectif ultime est de forcer les forces américaines à quitter l'ensemble du Moyen-Orient, présente le retrait américain d'Irak comme un triomphe pour son "axe de la résistance", composé de groupes armés qui lui sont alliés à travers la région. "L'Iran est en position de tirer un bénéfice stratégique du départ de la coalition car cela enlève une présence militaire qui, pendant des années, a agi comme contrepoids à l'influence de Téhéran en Irak", souligne Djassim al Bahadli."Ce qui est encore plus préoccupant, ce n'est pas nécessairement une intervention iranienne directe, mais la possibilité que les groupes alliés à l'Iran se sentent de plus en plus forts en l'absence d'une présence militaire occidentale", ajoute de son côté, toujours auprès de Reuters, Ahmed Younis, analyste politique basé à Bagdad. "Ces groupes pourraient tenter d'étendre leur rôle dans l'élaboration des politiques d'Etat et de consolider leur présence au sein d'institutions clés".Daech en embuscadeCertains responsables de la sécurité en Irak, aussi bien au niveau du gouvernement fédéral que dans la région semi-autonome kurde dans le nord du pays, perçoivent un autre risque au retrait américain : le réveil des combattants de l'Etat islamique (EI), qui, malgré la défaite de leur califat autoproclamé il y a près de 10 ans, entretiennent un réseau de cellules dormantes.Au faîte de son expansion, Daech contrôlait un tiers du territoire irakien et soumettait ou tuait les populations jugées impies. En l'absence de rens

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