Son appel à voter comme si son nom était sur le bulletin et sa promesse (intenable) de verser 5 000 dollars à chaque Américain en cas de victoire lors de la convention républicaine de Dallas en vue des midterms l’ont rappelé s’il en était encore besoin : Donald Trump compte rester incontournable pendant la campagne pour les élections de mi-mandat, mardi 3 novembre. Le président des Etats-Unis demeure le catalyseur de la politique américaine et il ne se prive pas de répéter que les candidats qu’il soutient remportent, à une très large majorité, leurs primaires. De fait, 97 % des politiciens appuyés par Trump (et qui concourent pour devenir représentants à la chambre, sénateurs, gouverneurs, ainsi qu’à de nombreux postes exécutifs locaux) se sont qualifiés pour les élections. Soit 220 candidats sur 227.Un chiffre spectaculaire mais qui demande à être mis en perspective. "Trump a principalement apporté son soutien aux élus sortants et ceux-ci ne perdent presque jamais les élections", nuance Elaine Kamarck, spécialiste de la politique américaine. A cela, s'ajoute le fait que 40 % des candidats soutenus n’avaient pas d’opposants. L’influence du milliardaire républicain reste cependant indéniable. "Le soutien de Trump a une grande valeur lors des primaires républicaines, argue Robert Boatright, professeur de sciences politiques à l’université de Clark (Massachusetts). Dans la plupart des cas, les électeurs connaissent mal les candidats et ne peuvent pas se fier à l’appartenance à un parti pour se faire une opinion. Savoir qu’un candidat a reçu le soutien du président constitue un indice précieux, et c’est souvent la seule information dont ils disposent." La politique américaine est devenue très centraliséeVoir le chef d’Etat autant s’impliquer dans une primaire est plutôt rare, dans la vie politique américaine : "Pendant la majeure partie de l'histoire des Etats-Unis, les présidents étaient certes les chefs de file officiels de leur parti, mais les responsables de leur formation au niveau des Etats ou des comtés, disposaient d'un vrai pouvoir, pointe Raymond La Raja, professeur de sciences politiques à l’université Amherst du Massachusetts. Aujourd’hui, la politique américaine est devenue très nationalisée et centralisée : Donald Trump, qui a pris le contrôle du parti par le biais de sa faction Maga, a une emprise considérable sur lui."La marque Trump reste l’étoile centrale de la galaxie politique américaine et chercher à s’éloigner de sa force d’attraction est risqué. "Trump est le meilleur moteur de mobilisation pour les électeurs peu ou moyennement enclins à voter, et nous avons besoin que ces électeurs se rendent aux urnes", a ainsi assuré Natalie Baldassarre, porte-parole du Comité national républicain (RNC), organe directeur du Grand Old Party. Si les membres choisissent de prendre leurs distances avec le président, ils risquent de s'aliéner leur base et de voir 15 à 20 % de leurs électeurs républicains clés s'abstenir de voter." De fait, les primaires intéressent davantage les votants les plus acharnés. Et donc la base Maga, qui continue de soutenir celui qu’elle a élu deux fois, alors que, dans l'ensemble de la population, sa cote de popularité plonge, avec seulement un tiers d’opinions favorables. Le risque du suicide politiqueA l'approche de l’élection, certains candidats pourraient toutefois être tentés de prendre leurs distances, plus ou moins discrètement, afin de séduire les électeurs républicains modérés et les indépendants, plus critiques envers le locataire de la Maison-Blanche. Une centaine d’élus républicains ont ainsi préféré sécher le rassemblement à Dallas. Et plusieurs candidats ont fait savoir qu’ils ne souhaitaient pas que l’octogénaire fasse le déplacement pour les soutenir. Une façon pour eux de concentrer la focale sur les enjeux locaux de leur circonscription et d’éviter d’être associés au bilan du président en matière de coût de la vie, sujet de préoccupation numéro 1 des Américains, et de la guerre en Iran déclenchée il y a six mois et demi. Aller jusqu'à critiquer Donald Trump s'apparente toutefois à un suicide politique. "Il y a encore des républicains modérés au Congrès, mais leur demander de faire preuve de courage et de tenir tête à Trump, c'est comme leur demander de jouer à la roulette russe électorale avec des balles dans quatre des six compartiments", estime Morris Fiorina, membre du département des sciences politiques de l’université de Stanford (Californie).La cagnotte de Donald TrumpCandidat à sa réélection en Louisiane, le sénateur Bill Cassidy peut en témoigner. A ce routier de la politique, le magnat de l’immobilier a préféré Julia Letlow, membre de la Chambre des représentants et qui se lançait pour la première fois dans la course sénatoriale. Résultat, Cassidy est devenu le premier sénateur, tous partis confondus, à s’incliner lors d’une primaire depuis 2012, ne récoltant qu’un quart des suffrages quand Letlow en amassait 45 %. Après avoir fait partie des sept élus
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