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"Comme l’AfD, nous incarnons un désir de changement" : rencontre avec Roberto Vannacci, le général qui déborde Giorgia Meloni sur sa droite
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"Comme l’AfD, nous incarnons un désir de changement" : rencontre avec Roberto Vannacci, le général qui déborde Giorgia Meloni sur sa droite

Publié le 26 September 2026 à 06:45
Auteur : L'Express

Dans la bataille pour sa réélection, Giorgia Meloni pensait n’avoir qu’à se soumettre à quelques escarmouches avec une gauche divisée et affaiblie pour triompher. Mais il lui faudra combattre le général Roberto Vannacci, un adversaire autrement dangereux. Cet ancien commandant des forces spéciales parachutistes a fondé son parti, Futuro Nazionale (FN), au début de l’été, et fait une irruption fracassante à l’extrême droite de l’échiquier politique transalpin. En cette rentrée, il est déjà crédité de près de 8 % des suffrages, faisant jeu égal avec Forza Italia, la composante libérale et pro-européenne de la coalition des droites au pouvoir depuis quatre ans à Rome. Il dépasse désormais la Ligue de Matteo Salvini, son aile la plus radicale, qui s’est effondrée à 5 %. Les sondages ne sont pas les seuls à lui donner des ailes. A 57 ans, Vannacci voit dans le triomphe de l’AfD allemande lors des élections en Saxe-Anhalt (43,8 % des voix), les prémices de son propre succès l'année prochaine, lors des législatives italiennes. "Le résultat de l’AfD était largement prévisible, se félicite Roberto Vannacci auprès de L'Express. C'est le résultat de l'échec des politiques menées par des gouvernements de droite comme de gauche au sein de l'Union européenne ces dix dernières années : davantage d'immigration, d'écologisme idéologique, des sanctions contre la Russie, un soutien inconditionnel à l'Ukraine, la désertification industrielle... Futuro Nazionale comme l’AfD incarnent un désir de changement."Un tropisme pro-russe revendiquéEn Italie, sa popularité croissante s’explique d'abord par son refus revendiqué de tout compromis avec Bruxelles, un discours sociétal offensif, des promesses de politiques migratoires agressives et des positions identitaires radicales. Le programme du parti de Roberto Vannacci entend répondre au mécontentement d'un électorat en quête de rupture avec, selon les enquêtes d'opinion, trois cibles principales : les déçus de la droite au pouvoir depuis 2022, qui n'aurait pas agi comme une "véritable droite" mais préfère mener une politique calquée sur celle de Mario Draghi pour répondre aux exigences de l’UE ; des citoyens qui s'étaient éloignés des urnes et retrouvent une offre politique qui répond concrètement à leurs attentes ; le dernier tiers est composé d'électeurs venus de la gauche ou du centre, séduits par un discours direct, clair et sans tabou.Le général Vannacci en a fait une marque de fabrique : l'ancien soldat refuse la "langue de bois", qu'il ne cesse de fustiger, notamment en matière de politique migratoire et d'affaires étrangères. "Nous devons arrêter immédiatement tout soutien militaire et financier à l'Ukraine, car cela nuit directement aux intérêts stratégiques et économiques de l'Italie et de l'Europe", nous assure le leader de Futuro Nazionale, qui estime que "diaboliser la Russie est une posture idéologique dangereuse" et que notre relation avec Moscou doit être abordée sous un angle "pragmatique". "C’est un voisin géographique direct avec lequel la reprise de relations apaisées est indispensable, poursuit Roberto Vannacci. Le développement industriel européen s'est largement appuyé sur l'énergie russe bon marché et l'arrêt des importations est l'un des facteurs majeurs du déclin économique, de la baisse de compétitivité et de la hausse de l'inflation récentes en Europe."Sa mesure clé : la "remigration"Au-delà de son tropisme pour la Russie, la question migratoire constitue la pierre angulaire du programme de Futuro Nazionale. Roberto Vannacci s’est érigé en chantre de la "remigration", comme l'AfD en Allemagne : il promet ainsi des expulsions massives et immédiates de 500 000 migrants en situation irrégulière dès son arrivée au pouvoir, ainsi que de tout étranger condamné ou purgeant une peine de prison. "Ces mesures doivent s'appliquer rigoureusement à toute personne insultant l'Etat italien, y compris les immigrés ou les jeunes issus de la deuxième génération, insiste Roberto Vannacci, ouvrant ainsi la voie à des expulsions de personnes ayant la nationalité italienne. De même, les individus véhiculant des valeurs incompatibles avec le cadre démocratique européen, notamment ceux qui soutiennent la charia, n'ont pas leur place sur le territoire national." Le général en campagne promet "une fermeture stricte des frontières", en opposition avec le décret du gouvernement Meloni qui prévoit l'arrivée légale et encadrée de 500 000 immigrés dans les trois prochaines années. "Il convient de durcir les conditions d'existence des étrangers en Italie par la suppression des aides et de l’accès aux logements sociaux, abonde Roberto Vannacci. En éliminant ces soutiens matériels, rester en Italie devient défavorable, ce qui incitera les départs volontaires. C’est une stratégie adoptée avec succès par l'administration Trump, où une part importante des retours des immigrés s'est effectuée de façon spontanée."La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a appelé à l'exclusion définitive

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