OPINION. Une lutte contre le racisme perçue comme sélective ou instrumentalisée perd sa crédibilité. A l’inverse, un cadre commun affirme que la dignité et l’égalité ne dépendent ni du poids politique d’une communauté, ni de son histoire particulière, ni de la proximité de ses représentants avec les institutions, écrit l’élue Chadlia KellerLe plan d’action contre le racisme – sur lequel planche actuellement le Service de lutte contre le racisme de la Confédération – ne peut être efficace s’il repose sur des définitions élaborées séparément pour chaque groupe et appliquées selon des critères différents. Une telle approche produit des hiérarchies entre les victimes, des concurrences mémorielles, des statistiques impossibles à comparer, et nourrit une instrumentalisation qui nuit à la cohésion sociale.Il est donc nécessaire de s’appuyer sur un principe simple: le racisme doit être défini à partir de mécanismes communs, et non exclusivement à partir de l’identité particulière du groupe visé. Chaque forme spécifique de racisme possède une histoire, des représentations et des formes. Mais toutes partagent un noyau commun qui permet de les penser dans un même cadre conceptuel et qui est l’ensemble des représentations, discours, pratiques, discriminations, violences ou structures qui assignent des personnes à une identité réelle ou supposée, leur attribuent collectivement des caractéristiques négatives, les essentialisent, les hiérarchisent ou les privent de droits, de dignité, de sécurité ou d’égalité en raison de leur appartenance à un groupe.Voir plus
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