Longtemps peints, moulurés ou sculptés, les plafonds romands racontaient avec panache le goût d’une époque, un rang social à tenir ou le savoir-faire des artisans. Dans bien des intérieurs contemporains, ils se sont faits blancs et silencieux. Avons-nous oublié de regarder en l’air?Nous entrons dans une pièce et l’œil va d’abord vers la fenêtre, le parquet, la cheminée, les meubles. Rarement vers le haut. Le plafond est là, omniprésent et pourtant presque absent de notre attention. Il n’en a pas toujours été ainsi. Pendant des siècles, il a été peint, sculpté, mouluré, doré, parfois pensé comme un ciel. Dans la revue Histoire de l’art, Pamela Bianchi rappelle, dans son article «Un espace à part: le plafond», qu’il fut successivement support de décor, espace d’exposition et même objet artistique. Il ne fut donc pas toujours une simple limite entre deux niveaux: il a longtemps participé à la mise en scène du monde intérieur.
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