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La Suède, ce pays où Gabriel Zucman ne fait pas recette
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La Suède, ce pays où Gabriel Zucman ne fait pas recette

Publié le 12 September 2026 à 06:00
Auteur : Axel Gyldén

L'économiste français Gabriel Zucman peut-il influencer l'élection, sans doute serrée, de ce dimanche 13 septembre en Suède ? Sans doute, et si tel est le cas, ce sera en défaveur de la gauche. En se rendant à Stockholm au printemps dernier pour le lancement de son livre Les milliardaires ne paient pas d'impôts et nous allons y mettre fin (Seuil), le Français a relancé le débat sur la taxation des ultrariches. Chez les compatriotes du groupe ABBA (dont "Money, money, money" fut l'un des hits), l'ISF a en effet laissé des souvenirs pour le moins mitigés. Dans la mémoire collective, il est associé à l'époque où, dans les années 1970 et 1980, la Suède détenait le record du monde de l'impôt sur les revenus (en 1980, les recettes fiscales de l'Etat représentaient 59 % du PIB). Ce niveau de taxation avait conduit à l'exode fiscal des plus grandes fortunes, au grand regret de leurs compatriotes. Tous deux classés dans le Top 10 des plus grandes fortunes mondiales, Hans Rausing, l'inventeur de la brique de lait en carton (Tetra Pak), et Ingvar Kamprad, le fondateur d'Ikea, avaient presque simultanément fait leurs valises, direction la Suisse et le Lichtenstein. Quant au numéro 1 mondial du tennis Björn Borg, autre symbole national et maître incontesté (à l'époque) de Wimbledon et Roland-Garros, il s'était établi à Monaco. "L'affaire Pomperipossa" est dans toutes les mémoires Le souvenir de la pantalonnade fiscale liée à Astrid Lindgren demeure, lui aussi, prégnant. En 1976, la créatrice de Fifi Brindacier avait reçu un avis d'imposition sur les revenus dont le taux marginal s'élevait à 102 % ! En réponse à cette absurdité, la très populaire romancière pour enfants avait publié dans la presse une nouvelle intitulée "Pomperipossa au pays de l'Argent" dont le personnage principal, l'écrivaine Pomperipossa, est frappée de stupéfaction lorsque le fisc lui réclame 102% d'impôts. Au passage, l'héroïne explique comment réduire ses impôts en achetant une maison et en contractant un emprunt – une allusion évidente au ministre des Finances d'alors. Le pays était plié de rire, et un débat national sur la fiscalité s'était ensuivi. Quelques mois plus tard, les sociaux-démocrates, au pouvoir depuis quarante-quatre ans, furent battus aux élections.En tournée de "promo" pour son livre, Gabriel Zucman a remis l'ouvrage sur le métier. Lors d'un débat devant 500 personnes à l'université de Stockholm (également diffusé en live stream) et dans une interview sur la chaîne de télévision TV4 Nyheter, il a déploré que "les milliardaires contrôlent aujourd'hui 16 % du PIB mondial, contre environ 3 % dans les années 1980". "La Suède est loin d’être à l’abri de ce phénomène", a sermonné l'économiste en précisant : "Dix ménages suédois détiennent des fortunes représentant 15 % du PIB national, et les 50 familles les plus riches pèsent 30 % ; c'est une concentration de richesse comparable aux Etats-Unis."Mais en Suède, cette argumentation ne porte guère au-delà du Parti écologiste (Miljöpartiet, crédité de 8 % d'intentions de vote le 13 septembre) et du Parti de gauche (Vänsterpartiet, également 8 %) et chez une partie de l'électorat social-démocrate. Chez les autres, et pas seulement chez les ultrariches, elle suscite aussi indifférence ou agacement. Il faut dire que la redistribution suédoise et l'Etat providence fonctionnent plutôt bien. Et que le système socio-économique s'appuie sur une très ample classe moyenne dont la qualité de vie est l'une des plus élevées d'Europe. Qui plus est, les Suédois, tout en étant égalitaristes, se réjouissent des succès de Spotify, Klarna et autres start-up, qu'ils considèrent comme autant de réussites nationales qui apportent du carburant à l'économie, ce dont il faut se réjouir.Qu'ils soient du centre droit ou qu'ils soient sociaux-démocrates, les électeurs prennent pour un fait acquis l'influence prépondérante de la famille Wallenberg, laquelle domine l'économie du royaume depuis 170 ans et détient aujourd'hui un tiers du total de la capitalisation boursière. A travers ses multiples fondations, cette dynastie richissime possède des participations dans les 20 entreprises les plus importantes du pays : ABB, Saab, AstraZeneca, Ericsson, Wärtsilä, AtlasCopco, SKF, SAS, etc. Véritable socle de l'économie, "l'empire Wallenberg" est aussi le principal investisseur du pays nordique qui – il faut le souligner – consacre 3,4 % de son PIB à la recherche et au développement, contre 2,22 % de "R&D" en France.Pendant la campagne électorale, la taxe Zucman sur les ultrariches (qui préconise un impôt de 2 % au-delà de 100 millions d'euros de patrimoine) a fait réagir plusieurs personnalités du monde économique. Le cofondateur du géant du streaming musical Spotify Martin Lorentzon, dont la fortune est estimée à environ 10 milliards d'euros, a par exemple fait savoir qu'il quitterait "immédiatement" la Suède en cas d'introduction d'un impôt sur la fortune. Dans une tribune publiée dans la presse, il évoque une mesure "

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