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Guyane : quand le rhum devient un enjeu économique et social
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Guyane : quand le rhum devient un enjeu économique et social

Publié le 11 July 2026 à 07:30
Auteur : L'Express

Crise profonde, déconsommation durable, taxes à l'exportation… Le marché du vin tente de résister et se réinvente constamment. Grâce à de nouvelles appellations comme dans les côtes-de -provence, avec le cru Sainte-Victoire ; de nouvelles pratiques, toujours plus innovantes à l'instar de la viticulture régénérative ; des terroirs surprenants comme le Beaujolais blanc. Enfin, il n'hésite pas non plus à se diversifier en partant à la conquête d'un "Nouveau monde", celui de la cosmétique, en s'appuyant sur les vertus anti-âge des antioxydants du raisin. A l'arrivée : soins capillaires, sérums antitaches, douche et shampoings au pinot noir, Émulsions nettoyantes, lait Corps, etc. Une large gamme pour tous les goûts et tous les besoins. Tous ces produits ne s'imposeront pas un univers déjà très concurrentiel. Mais chacun d'entre eux montre que le secteur du vin n'est jamais à court d'idée et de formules pour se diversifier. Avec une ligne de mire : laisser passer les vents mauvais, tenir pour dessiner des jours meilleurs.Né dans les distilleries écossaises, le "spiritourisme" essaime partout dans le monde. La palme de l’originalité revient désormais à la Guyane et sa rhumerie Saint Maurice. Ses visiteurs la rejoignent depuis Saint-Louis-du-Maroni en pirogue, voguant sur le fleuve Maroni bordé par une flore luxuriante, une succession de palétuviers rouges, d’arbres majestueux, d’incroyables enchevêtrements de lianes avant d’accoster sur un ponton flottant. Posé sur la crique Balaté, il dessert la distillerie créée en 1917 par Fernand-Edouard Prévot, issu d’une famille bordelaise venue en Guyane à la fin du XIXe siècle pour gérer des placers aurifères. Ses descendants reprendront l’affaire avant qu’Ernest Prévot ne rachète l’ensemble, en 1986, pour la céder finalement, voilà trois ans, au groupe martiniquais GBH, fondé par Bernard Hayot en 1960.Un rhum agricole trop peu connuConnu pour ses activités dans la grande distribution, l’automobile et l’industrie, GBH possède, à travers sa filiale Spiribam plusieurs spiritueux dont huit marques de rhums, et non des moindres, Clément et J.M notamment et désormais La Belle Cabresse, un rhum agricole, pur jus de cannes donc, comme ses homologues martiniquais. Intense avec des notes végétales et fruitées, il reste encore méconnu sous nos latitudes car la quasi-intégralité de sa production demeurait en Guyane. Mais le monde du rhum bouge, les premiers flacons sont disponibles en métropole depuis janvier dernier, dans les rayons des centres Leclerc. Il ne s’agit là que des prémices de la stratégie de Spiribam. Outre une remise à niveau de la rhumerie, remplacement des moulins à vapeur par des moulins électriques, rénovation de la colonne de distillation, création d’un laboratoire de haute technologie pour garantir la qualité et la régularité des eaux-de-vie, le groupe plante ses propres cannes à sucre. "Nous les récoltons pour la première fois en 2026 et nous allons atteindre 100 hectares en 2027, puis 150 l’année suivante. En incluant les planteurs indépendants, nous pourrons doubler notre production actuelle de rhum (600 000 bouteilles, NDLR)", annonce Grégoire Gueden, directeur des activités spiritueux du groupe GBH.Peut-on envisager un jour de trouver aussi des rhums vieillis sous le climat tropical de la Guyane ? "Nous avons déjà 400 fûts, mais tous réservés au marché local où ils sont vendus (sous la marque La Cayennaise, NDLR) dans la boutique de la distillerie et celle de Cayenne, que nous avons inauguré fin 2025 sur l’historique Place des Palmistes, juste à côté de l’hôtel du même nom. Mais quand notre production le permettra, nous les distribuerons dans le réseau des cavistes en métropole", poursuit Grégoire Gueden. Autre question : alors que l’industrie des spiritueux traverse une crise, le rhum blanc résiste-t-il ? "Il garde beaucoup de potentiel, c’est un produit de cocktail. Signalons aussi que l’appétence pour le goût revient et le rhum blanc n’en manque pas !", répond le responsable de Spiribam, dont le portefeuille compte également les liqueurs bourguignonnes Cartron et la vodka Le Philtre, fondée par les frères Beigbeder et leur ami d’enfance Guillaume Rappeneau.La Belle Cabresse ne manque donc pas d’atouts pour se faire une place au soleil dans un marché hautement concurrentiel. Avec son potentiel, la Guyane en constitue un, même si son image est sensiblement écornée en raison des trafics et des violences qui la minent. Un phénomène qui occulte presque la formidable réussite de l’industrie aérospatiale. Autre élément du patrimoine guyanais : le bagne de Cayenne, de l’île du Diable et de Saint-Laurent-du-Maroni. Les premiers forçats furent expédiés par Napoléon III, l’institution restera en activité jusqu’en 1953. Un passé peu reluisant à l’effet repoussoir.L'essor du spiritourisme Bref, la Guyane mérite mieux. Voilà pourquoi GBH ne se contente pas de produire du rhum. Le groupe y emploie déjà 700 personnes dans le secteur de la distribution, notamment, et y r

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