ÉDITORIAL. L’hyperpuissance militaire américaine n’a pas réussi à abattre la République islamique. L’accord du 17 juin, aux clauses floues, contenait déjà les germes du chaos actuel, que Washington paie au prix fortEn pleine guerre du Vietnam, au printemps 1965, le président américain Lyndon B. Johnson déclarait son impuissance à trouver une issue à un conflit interminable: «Je me sens comme un auto-stoppeur pris dans une tempête de grêle sur une autoroute du Texas. Je ne peux pas fuir, je ne peux pas me cacher, et je ne peux pas la faire cesser.» Donald Trump n’est pas LBJ et la guerre contre l’Iran n’est pas comparable à celle du Vietnam. Et pourtant. Le 47e président des Etats-Unis se trouve dans le même type d’impasse, sans porte de sortie et avec des négociateurs incompétents, dénués de la moindre expérience en matière de diplomatie.
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L’hyperpuissance militaire américaine a été incapable d’abattre la République islamique. Elle se trouve confrontée à un Iran doté de capacités de défense loin d’être décimées comme le clamait Donald Trump et qui continue de semer la terreur dans les riches monarchies du Golfe. Le président américain disait vouloir empêcher les Etats-Unis de déclencher tout nouveau conflit. Le voilà enlisé dans une guerre qui pourrait absorber l’Amérique pendant des années.Pourquoi en est-on arrivé là? Le protocole d’accord signé par les présidents américain et iranien le 17 juin dernier, vidé de sa substance par la reprise des hostilités, contenait déjà les germes du chaos actuel. Vanté par la Maison-Blanche comme un accord exceptionnel, le document élude toutes les questions qui fâchent. Aujourd’hui, les Etats-Unis en paient le prix fort. Certaines clauses sont tellement floues qu’elles ont donné lieu à des interprétations radicalement opposées de Téhéran et de Washington. C’est particulièrement le cas de l’article 5 relatif à la gestion du détroit d’Ormuz.
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Une extension du conflit à toute la région n’est plus exclue. Pour Donald Trump et le Parti républicain, c’est à peu près le scénario catastrophe dans la perspective des élections de mi-mandat de novembre. La guerre de choix contre l’Iran est d’autant plus impopulaire outre-Atlantique que le nombre de victimes américaines augmente.Des élus républicains commencent à s’inquiéter des répercussions d’une expédition militaire qui tourne au fiasco. Face à un Donald Trump qui s’est assis sur une résolution du Congrès l’exhortant à demander l’autorisation des parlementaires pour continuer les combats, il leur est désormais compliqué d’accorder à l’administration les 88 milliards de dollars qu’elle souhaite obtenir pour poursuivre la guerre. Sans objectifs clairs, sans stratégie. Et surtout avec un commandant en chef de la première puissance militaire du monde qui a perdu toute crédibilité.
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