La police criminelle allemande recense plus de 20 000 victimes en 2025, en hausse de 5%. Le cybergrooming et le livestreaming d’abus commis à l’étranger explosent, facilités par de fausses identités générées par IALa police criminelle allemande alerte dans un rapport dévoilé mardi sur «l’influence croissante» du numérique et de l’intelligence artificielle (IA) dans les abus sexuels envers les mineurs, via l’évolution des approches qu’elle permet aux auteurs.Ce type de délinquance «se déplace de plus en plus vers l’espace numérique» qui pousse les statistiques globales «vers le haut», avec plus de 20 000 victimes recensées en 2025, soit une hausse de près de 5% par rapport à 2024, a résumé le chef de cette police (BKA), Holger Münch, lors d’une présentation de ce rapport à Berlin. Un nombre d’infractions «effroyablement élevé» qui n’inclut pas «une importante part de criminalité cachée», a reconnu le ministre de l’Intérieur Alexander Dobrindt.
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Les abus sexuels sur mineurs sans contact physique sont en hausse de 16,5% par rapport à 2024, avec deux phénomènes «préoccupants», a dit M. Münch: le cybergrooming, qui consiste pour un adulte à gagner confiance d’un enfant dans le but d’en abuser, et le livestreaming, le fait de suivre en direct des abus commis en général à l’étranger.«Les applications qui recourent à l’IA facilitent le cybergrooming» parce qu’elles «permettent de se fabriquer de fausses identités» et de «simuler dans les chats amitié et proximité», a souligné Kerstin Claus, la déléguée à la lutte contre la maltraitance sexuelle des enfants.
Signalements en hausse de livestreaming
Une manipulation qui peut aboutir à une «sextorsion», un chantage sur des photos et vidéos intimes partagées volontairement, un phénomène qui concernerait «11% de tous les enfants et adolescents» selon une estimation mondiale, a-t-elle ajouté. Quant au livestreaming, les signalements ont explosé entre 2024 et début 2026, passant de 25 à déjà «plus de 250» cette année, a souligné Holger Münch, citant les Philippines comme «point central». Environ 40% des auteurs qui commettent ces abus en ligne «se rendent aussi sur place pour commettre des abus en personne», a-t-il encore indiqué.
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L’IA permet non seulement à n’importe quel internaute de créer des contenus pédopornographiques, dont le nombre est aussi en hausse, «à partir d’images apparemment anodines», a encore dit M. Münch. Mais aussi de recycler d’anciens fichiers et ainsi «commettre de nouveaux actes» illégaux, a souligné Alexander Dobrindt.M. Münch a estimé que ce développement du numérique n’avait «aucune influence» sur le nombre de cas d’abus physiques concrets, mais qu’il représentait un nouveau «problème» pour la police qui doit déterminer «ce qui est réel et ce qui ne l’est pas».Le parlement allemand doit entériner «à l’automne» le projet de loi obligeant les fournisseurs d’accès à Internet à conserver pendant trois mois les adresses IP, afin de mieux lutter contre toutes les formes de cyberdélinquance, a rappelé M. Dobrindt.
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