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Dubaï, la plaque tournante de l'Iran sous la menace de Donald Trump
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Dubaï, la plaque tournante de l'Iran sous la menace de Donald Trump

Publié le 13 September 2026 à 06:45
Auteur : Charles Carrasco

Avec ses gigantesques tours de verre et ses îles artificielles, le Dubaï d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec le modeste port qui vivait de la pêche aux perles à la fin du XVIIIe siècle. Mais au cœur du hub financier et touristique des Emirats arabes unis, qui a vu sa population quadrupler autour des années 2000, un quartier a conservé l’âme marchande de la cité : Dubai Creek et ses quais, où sont encore amarrés les boutres de plusieurs générations de commerçants.A Deira, Morteza tient une échoppe où, malgré la guerre au Moyen-Orient, ses étals sont toujours garnis de pistaches, safran et chocolats venus d’Iran, à seulement 150 kilomètres à vol d’oiseau. "Les prix des marchandises ont augmenté, mais on est patient. On espère que la situation va se calmer et que les touristes vont revenir", espère-t-il, même si, pour l’heure, aucun des belligérants ne donne de signe d’un retour rapide à la normale dans cette guerre d’usure : Téhéran a récemment revendiqué plusieurs attaques au Bahreïn, au Koweït, en Jordanie et aux Emirats, le détroit d’Ormuz est toujours un guêpier maritime et Donald Trump vient de relancer une politique d’asphyxie financière massive contre l’Iran, dont l’économie est, dit-il, en train de "s’effondrer". Un véritable "D-Day économique", selon le président américain, qui fait référence au débarquement en Normandie du 6 juin 1944 : une soixantaine d’entités, personnes et navires iraniens ont été sanctionnés, ce qui a un impact direct sur les Emirats arabes unis, dont les échanges avec la République islamique s’élevaient à près de 30 milliards de dollars annuels avant le conflit. Téléphones, électronique, machines, produits alimentaires et autres marchandises transitaient alors par Dubaï avant d'être réexportés vers l’Iran, déjà frappé de plein fouet par la crise économique et les sanctions occidentales. Ne pas faire fuir les grandes fortunes Depuis le lancement de la guerre de Trump en mars dernier, Abou Dhabi était resté très discret sur ses relations avec Téhéran. Après plusieurs opérations militaires menées contre l’Iran en avril, en réponse aux quelque 3 000 frappes ayant touché le territoire émirati, le pouvoir avait préféré lever le pied. Pas question de pousser davantage Téhéran à l’escalade et de prendre le risque de voir fuir les grandes fortunes qui ont fait des Emirats l’une des principales destinations mondiales des millionnaires. A en croire l'agence Reuters, le gouvernement aurait même débloqué en juin des actifs iraniens et envisagé de mobiliser jusqu’à 20 milliards de dollars pour obtenir de Téhéran une suspension des attaques. Une information que les autorités émiraties n’ont jamais confirmée. "Les Emirats préfèrent toujours séparer leurs désaccords politiques de leurs intérêts économiques", constate Mohammed Baharoon, directeur général du Centre de recherche sur les politiques publiques de Dubaï. Mais cette détente relative n'a pas résisté bien longtemps à la volonté américaine de pression maximale sur Téhéran. Déjà, au cours de l’année écoulée, le département du Trésor américain avait frappé 154 entités basées aux Emirats pour leur implication présumée dans des activités illicites liées à l'Iran. Le gouvernement d’Abou Dhabi, arrimé au dispositif sécuritaire américain dans le Golfe, n’a donc eu d’autre choix que de s'aligner sur Washington. Pour préserver sa diplomatie et sa sécurité, il a suspendu le 18 août l’ensemble de ses échanges commerciaux et transactions financières avec Téhéran. Blanchir l'argent des Gardiens Ce nouveau durcissement du gouvernement émirati à l'égard de Téhéran est d'autant plus saisissant que son système bancaire, ses sociétés-écrans et son port à conteneurs de Jebel Ali ont, pendant des décennies, servi de bouée de sauvetage financière et de réexportation pour l’Iran. En clair, Dubaï a longtemps été une porte d’entrée pour les flux financiers des Gardiens de la révolution. "S’il y a un quelconque blanchiment d’argent de la part des Iraniens, cela ne se fait pas sans l’aval du pouvoir émirati", fait remarquer le spécialiste de la péninsule arabique, Andreas Krieg.Donald Trump n'est pas totalement aveugle face au double jeu des Emirats. Il a donc missionné Scott Bessent, son secrétaire au Trésor, pour mener cette nouvelle guerre économique à l’Iran. Parmi les premiers faits marquants : le bras financier de l’administration américaine vient d’engager une procédure visant à isoler les branches émiraties de la banque égyptienne Misr, l’un des maillons financiers iraniens, de l'accès au système bancaire des Etats-Unis. En 2024, le gendarme américain de la lutte contre le blanchiment estimait à près de 9 milliards de dollars les flux liés au système bancaire clandestin iranien passés par des comptes américains. Plus de 70 % de ces fonds auraient transité par les Emirats, dont la quasi-totalité par Dubaï ! Cette cité-Etat - où résident 500 000 à 600 000 Iraniens - reste sans équivalent au Moyen-Orient grâce à ses nombreux produits et mécanismes financi

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