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Avec Manon Bril, l'histoire est une mine de punchlines
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Avec Manon Bril, l'histoire est une mine de punchlines

Publié le 29 July 2026 à 15:16
Auteur : Le Temps

Depuis dix ans, sur YouTube, elle décrypte la mythologie avec malice. Cette historienne devenue star de la vulgarisation éclaire désormais le passé, et notre présent, dans un spectacle de stand-up de passage en Suisse romandeLa Grèce antique était-elle particulièrement pudique? C’est ce qu’on pourrait déduire des statues et, plus précisément, de la taille de leurs attributs. Mais si les dieux sont si modestement dotés, ce n’est ni par humilité ni par gêne – mais parce que les critères de beauté de l’époque l’exigeaient. Selon le poète Aristophane, un petit pénis résultait d’une bonne éducation… et prouvait que vous aviez de l’esprit. Quant à la fameuse feuille de vigne, les chrétiens la placeront là plus tard, en référence à l’épisode d’Adam et Eve…Tout cela, on l’apprend avec Manon Bril. «Pourquoi les statues ont des petits pénis?» figure parmi ses vidéos les plus populaires, dépassant le demi-million de vues. Huit minutes d’exposé face caméra, documenté et malicieux, sur la représentation de la virilité dans l’art: ce format a fait les belles heures de sa chaîne YouTube. «C’est une autre histoire.» Il y a 11 ans, alors qu’elle rédige sa thèse en histoire contemporaine, la Française se met à décrypter la mythologie grecque et sa représentation dans l’art pour un public de néophytes, qui ne cessera de grandir – 725 000 abonnés aujourd’hui. Une communauté fidèle qui la suit jusque dans les salles, où Manon Bril présente actuellement son premier spectacle. Entre savoir et punchlines.

L’histoire commence dans les nuages de l’Olympe. Enfant, Manon Champier en dévore les récits épiques et les créatures fantastiques. «J’avais un livre jeunesse sur la mythologie avec de belles illustrations, j’adorais ça», raconte-t-elle depuis son appartement parisien. Née à Pau à la fin des années 1980, elle arpente les musées en famille, où sa mère a l’habitude de leur expliquer les œuvres. Si au bac, elle n’obtient que 11 sur 20 en histoire, deux professeurs lui donnent le goût de la branche. L’Antiquité et le XIXe siècle la happent. «Beaucoup du roman national et de la politique française vient de cette époque. L’étudier permet de comprendre plein de choses sur notre société.»
Les frasques de Zeus
Le passé comme un miroir sans tain. Fascinée par ces correspondances, l’historienne est particulièrement incollable sur la déesse Athéna, et la manière dont elle infusera l’imagerie de la Troisième République, des timbres à la monnaie – c’est son sujet de thèse. On devine, sur le médaillon autour de son cou, le visage de cette guerrière sage.Prof des écoles à mi-temps pendant trois ans, Manon apprendra à capter l’attention des auditeurs les plus turbulents. De quoi la préparer au concours «Ma thèse en 180 secondes», où les spécialistes ont pour défi de se rendre accessibles. C’est à cette époque qu’elle lance sa chaîne YouTube avec Barthélemy, un ami cameraman. Elle a 28 ans et envie de rigoler – d’ailleurs, elle choisit de garder son pseudo Facebook au jeu de mots anatomique, Manon Bril.Dans sa première vidéo, «Le relooking mythologique de Zeus», elle détaille les frasques du roi des dieux – qui, pour féconder la princesse Danaé enfermée dans sa tour, se transformera en… pluie d’or – et leurs relectures par la pop culture. Le ton est espiègle et l’enthousiasme, communicatif. «Je voulais que ce soit fun, une respiration hors du milieu académique. Etre libre de faire ce que moi, j’aurais aimé regarder. Il y en a marre de faire de l’histoire avec des violons et des globes terrestres en fond…»

Alors elle bricole sur le logiciel Movie Maker. Réalise des montages en papier, découpe et colle pour créer des décors de tournage, en plein air. Apprend sur le tas. Et bientôt, trouve son public. «Au bout d’un an, j’ai ouvert une plateforme de financement participatif. Ça a payé la fin de ma thèse!»
Tableaux et fessée
La chaîne connaît une «croissance tranquille». Outre la mythologie, Manon Bril analyse des tableaux, visite des villes, explore l’origine de la fessée – 2 millions de vues. Pendant le confinement, elle expérimente TikTok, où elle distille les anecdotes. «J’ai vu les formats évoluer. Aujourd’hui sur YouTube, on regarde des vidéos très longues qu’on peut mettre en fond, en mode podcast.» Au bout de cinq ans, elle s’offre les services d’une agente, qui lui dégote de plus gros contrats avec les marques.
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Ses collègues historiennes et historiens l’encouragent. «Ils savent que je ne dis pas n’importe quoi. On m’a même proposé d’intervenir auprès d’étudiants pour parler de vulgarisation. Les plus hostiles sont les passionnés, qui pensent que l’histoire doit forcément être sérieuse et grandiloquente.»Les tours d’ivoire, très peu pour elle. Manon Bril se languit plutôt de la scène où, étudiante, elle pratiquait l’impro. Alors quand deux amis youtubeurs ouvrent leur Comedy Club, à Paris, Manon Bril se lance –

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