Cinquante ans après sa mort, les Chinois ne se souviennent pas tous du même Mao. Les anciens ressentent encore les souffrances de la Révolution culturelle, tout comme la nostalgie de leur enfance. Les jeunes, eux, héritent d’une figure largement façonnée par l’école: celle du fondateur triomphant de la Chine nouvelleEn roulant le long de la Cité interdite, par la Porte de la paix céleste, impossible pour le vieux Cai Yong, chauffeur d’une voiture de transport, d’ignorer le regard serein de Mao. Son portrait massif, 6 mètres de long sur 4,6 mètres de large, y est toujours accroché. «C’est à cause de lui si les gens cultivés se faisaient appeler les neuf puants», une formule pour désigner une classe sociale basse, en l’occurrence ici celle des intellectuels.Cai Yong, 69 ans, en avait 10 au lancement de la Révolution culturelle. «Nous habitions Xinyang, dans le Henan (au centre). Ma famille travaillait la terre. En 1966, nous avons vu débarquer des intellectuels, des gens instruits. Ils devaient faire le sale boulot, épandre le fumier, creuser des plans d’eau, déplacer des pierres, tandis que les Gardes rouges, des jeunes en pagaille, les insultaient à longueur de journée. Pour moi, Mao, c’était ça.»Voir plus
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