Dans «Voir venir», premier roman très maîtrisé, Lucile Novat transforme la prestigieuse maison d’éducation de la Légion d’honneur en un huis clos étouffant. Où la langue de la banlieue bouscule les traditions de la RépubliqueC’est un archipel de privilèges ancré au cœur de la Seine-Saint-Denis, le département le plus pauvre de France métropolitaine. A Saint-Denis, jouxtant la célèbre basilique royale où dorment les rois de France, la maison d’éducation de la Légion d’honneur accueille, en internat et sous un strict uniforme bleu marine, les filles, petites-filles et arrière-petites-filles de médaillés de la République. Un lycée public d’élite où le «mérite» s’hérite par le sang versé, contredisant l’idéal républicain originel. C’est ce paradoxe géographique et politique qui a aimanté l’enseignante et écrivain Lucile Novat pour son premier roman, Voir venir (Editions du Sous-sol). Le résultat est une réussite, un texte d’une grande maturité qui résonne d’un souffle vénéneux.
Le «Cluedo» des socquettes
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