Dans «Héritages. Fils de rois ou fils de rien», l’essayiste Olivia Karam explore des affaires célèbres de paternité contestée, de Charlie Chaplin à Yves Montand. Derrière ces feuilletons judiciaires se dessine une question plus large: que change l’ADN dans notre manière de penser la filiation, l’identité et le droit de savoir d’où l’on vient?On croyait les secrets de famille enfouis dans les albums, les silences, les lettres jamais envoyées ou les noms tus au moment des repas. On les retrouve désormais suspendus à un tube de salive, à un prélèvement, à une comparaison de séquences génétiques. Un père supposé, un enfant en quête de reconnaissance, une célébrité assignée à répondre, une dépouille exhumée plusieurs décennies après la mort: la filiation, longtemps affaire de récits, de droit et de transmission, semble désormais ramenée à la preuve de l’ADN.C’est tout l’intérêt du livre d’Olivia Karam, Héritages. Fils de rois ou fils de rien, paru ce printemps, que de partir de ces affaires spectaculaires pour interroger l’obsession contemporaine de savoir d’où l’on vient, de qui l’on descend, à quel nom, à quel corps, à quelle histoire on peut se rattacher. L’ouvrage aligne des cas célèbres, de Charlie Chaplin à Yves Montand, de Salvador Dalí à Dominique Desseigne, de Boris Becker à Jay-Z, comme autant de feuilletons judiciaires où la paternité devient affaire de vérité, de pouvoir, d’argent, mais aussi de vertige intime.Voir plus
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