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"On dirait Barack Obama" : Jon Ossoff, le sénateur de Géorgie qui fait rêver les démocrates
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"On dirait Barack Obama" : Jon Ossoff, le sénateur de Géorgie qui fait rêver les démocrates

Publié le 11 August 2026 à 06:00
Auteur : L'Express

"Ce que je trouve intéressant chez Jon Ossoff, c'est cette mise en scène visuelle très particulière... On dirait Barack Obama". Face à son invité, dans le studio ouaté où il enregistre son podcast pour le New York Times, le journaliste Ezra Klein s'amuse du mimétisme saisissant entre l'ancien président et l'actuel sénateur démocrate de Géorgie. La comparaison tient d'abord à une manière de jouer avec la lumière. Dans ses apparitions médiatiques et sur les réseaux sociaux, Ossoff utilise beaucoup le fameux "hero shot", devenu une des signatures de Barack Obama : une prise de vue en contre-plongée, légèrement décalée qui lui donne l'air de surplomber la foule et de se projeter au-delà de l'horizon.Mais l'analogie ne s'arrête pas là. Comme Obama à ses débuts, Ossoff est encore un personnage secondaire de la scène politique américaine, et déjà, la presse se l'arrache. A l'heure où Donald Trump et son clan saturent l'espace public de petites phrases assassines et de polémiques incessantes, l'élu s'est façonné une image distanciée, réfléchie et incisive. Juste ce qu'il fallait pour devenir la coqueluche des élections de mi-mandat, prévues en novembre prochain.A gauche, le portrait utilisé par Barack Obama sur ses réseaux sociaux lors de sa présidence. A droite, celle utilisée par Jon Ossoff lors de sa campagne sénatoriale. Deux exemples du "hero shot".Sur le papier, la bataille devrait s'annoncer rude pour Jon Ossoff qui, à 39 ans, est aussi le benjamin du Sénat américain. Elu en 2021 dans un Etat du "Vieux Sud" des Etats-Unis avec une tradition républicaine très ancrée, il a obtenu son siège de justesse, dans un contexte particulier. Les gesticulations de Donald Trump réclamant aux républicains de Géorgie de "trouver 12 000 votes" en sa faveur à l'issue d'un énième recomptage avaient exaspéré une partie des électeurs modérés. Entre l'élection présidentielle et le second tour de l'élection sénatoriale géorgienne, une partie de la base républicaine s'est étiolée. Les démocrates, de leur côté, avaient joué leur va-tout pour faire élire Jon Ossoff ; sa victoire étant un maillon essentiel pour récupérer la majorité au Sénat.Six ans plus tard, l'Etat penche encore légèrement du côté conservateur. La plupart des institutions locales sont toujours aux mains des républicains, à commencer par le siège de gouverneur et Jon Ossoff est le seul sénateur démocrate qui se représente dans un État remporté par Donald Trump il y a deux ans. Autant de signaux défavorables. Du moins, en apparence. Les Démocrates de Géorgie misent tout sur leur sénateur sortant, le charismatique Jon Ossoff.Ces dernières semaines, Jon Ossoff a creusé l'écart avec son adversaire, l'homme d'affaires Mike Collins, qui siège déjà à la Chambre des représentants et qui a reçu l'onction présidentielle. Il faut dire que depuis son lancement en politique, le jeune sénateur a su creuser un sillon idéologique qui le distingue dans le camp démocrate. Il est ainsi capable à la fois de nager à contre-courant - il est un des premiers démocrates à se rallier à la résolution de Bernie Sanders pour imposer un embargo sur la vente d'armes à Israël - tout en évitant les sujets trop clivants pour les conservateurs modérés de Géorgie. Ossoff se distingue en cela de la vague progressiste qui porte certaines figures à la gauche du parti, comme Zohran Mamdani, le maire de New York, ou Abdul el-Sayed, qui vient de remporter la primaire démocrate du Michigan. Dans ses discours de campagne, "il ne se précipite ni sur les thèmes de gauche ni sur ceux de droite", préférant des sujets avec une résonance transpartisane, d'après Rahul Bali, journaliste politique à Wabe, la radio publique locale d'Atlanta. Depuis plusieurs mois, ce dernier suit Jon Ossoff dans tous ses meetings, qu'il aille à la rencontre des électeurs latinos ou qu'il s'adresse à un panel de cheffes d'entreprise afro-américaines. "Le message central qu'on l'entend porter sur le terrain, c'est la dénonciation de tout ce que fait l'administration Trump, raconte-t-il. Il parle de corruption, des services publics qui dysfonctionnent, de la guerre en Iran et de ce que ça coûte aux Américains... Son message c'est avant tout l'opposition à la politique de Donald Trump et à son impact sur la vie des gens."Dans ses vidéos promotionnelles, réalisées avec beaucoup de soin - avant la politique, il était journaliste documentariste, notamment pour la BBC - Jon Ossoff étrille aussi bien la "mafia de Mar-a-Lago" que ce qu'il surnomme "la classe Epstein", ces milliardaires de tous bords politiques qui ont longtemps couvert les crimes sexuels du financier. Un discours résolument populiste, qui trouve un certain écho dans l'électorat géorgien. "Nous ne vivons pas encore tout à fait dans un Etat à 50-50, signale Rahul Bali, c'est encore un bastion républicain. Pour l'emporter, Ossoff doit donc sécuriser sa base composée d'électeurs jeunes, de latinos, de femmes noires... et aussi des électeurs indécis et modérés." Et ce n'est pas une mi

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