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"A 8h46, j’ai vu un avion viser la tour nord" : le 11 Septembre raconté par Joseph W. Pfeifer, le premier chef des pompiers sur place
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"A 8h46, j’ai vu un avion viser la tour nord" : le 11 Septembre raconté par Joseph W. Pfeifer, le premier chef des pompiers sur place

Publié le 09 September 2026 à 16:00
Auteur : L'Express

Le 11 Septembre a précipité l’Amérique dans l’inconnu et projeté Joseph W. Pfeifer dans le chaos. Témoin de l’impact du Boeing 767 du vol American Airlines 11 sur la tour nord du World Trade Center alors qu’il intervenait sur une suspicion de fuite de gaz à Manhattan, le tout premier chef des pompiers à arriver sur les lieux des attentats est une légende aux Etats-Unis. Il a pris la tête des secours, sauvant des milliers de vies au péril de la sienne. La voix de ce septuagénaire résonne aujourd'hui aux Nations unies et dans les grandes universités, incarnation de la résilience face au pire acte de terroriste de l’histoire moderne (2 977 morts). L’ancien chef de bataillon du Fire Departement of New York (FDNY), devenu l’un des architectes de l’adaptation de son pays aux nouvelles menaces terroristes et une référence mondiale dans la gestion de crise, livre son témoignage à L’Express à l’occasion du 25e anniversaire du 11 Septembre.L'Express : A quel moment avez-vous compris que l’Amérique était visée par une attaque terroriste ?Joseph W. Pfeifer : A 8 h 46, j’ai vu le premier avion viser la tour nord et s’y écraser. À cet instant, j’ai su qu’il ne s’agissait pas d’un accident. C’était une attaque terroriste. Dans la minute qui a suivi, j’ai dit à l’opérateur du service d’incendie : "On aurait dit que l’avion visait le bâtiment."Vous avez installé alors le poste de commandement de crise dans le hall de la tour nord, quelle était la situation ?Il y avait des blessés, des débris de verre partout. Bien plus haut, des personnes piégées par la fumée et les flammes s’agglutinaient aux fenêtres. J’entendais des gens sauter et heurter l’auvent situé devant la tour et le trottoir, ils devaient choisir entre se jeter dans le vide ou périr brûlés. J’ai pris le micro pour leur dire que, s’ils pouvaient tenir bon, nous allions venir les chercher.Comment avez-vous organisé les secours ?Les pompiers m’ont demandé : "Chef, de quoi avez-vous besoin ?" Je leur ai ordonné de monter pour évacuer le bâtiment et secourir les personnes piégées. Chaque unité se composait d’un officier et de quatre pompiers. Et cinq à dix unités étaient placées sous la supervision d’un chef de bataillon. Il y avait énormément de monde qui descendait par les escaliers, les ascenseurs ne fonctionnaient pas. Les pompiers montaient à contre-courant, encourageaient les gens à sortir rapidement.Comment les pompiers ont-ils réagi lorsque le second avion s’est écrasé sur la tour sud ?Nous avons réalisé que les 20 000 personnes présentes au World Trade Center vivaient un moment critique. Les opérations de secours étaient dangereuses, mais notre priorité était de sauver des vies. Ce qui m’a marqué, c’est que les pompiers ont pris la décision personnelle de risquer la leur, ils savaient qu’ils s’engageaient dans l’incendie le plus dangereux qu’ils auraient jamais à affronter et ils y sont allés. Lorsque la tour sud s'est effondrée, de quelles informations disposiez-vous lorsque vous avez décidé d’évacuer vos équipes, sauvant ainsi de nombreuses vies ?Je m’étais déplacé vers une petite alcôve adjacente au hall de la tour nord au moment où la tour sud s’est effondrée. Le hall a été plongé dans l’obscurité. Nous ignorions que la tour sud s’était effondrée. Mais je savais que quelque chose n’allait pas. Ne pouvant plus assurer le commandement depuis cet endroit, j’ai donné l’ordre : "Poste de commandement à toutes les unités de la tour 1 : évacuez le bâtiment !"Le 11 Septembre nous a tous transformésComment avez-vous, vous-même, échappé à la mort ?Il ne s’est écoulé que 29 minutes entre les deux effondrements. J’ai échappé de justesse à la mort en traversant une passerelle piétonne qui reliait le World Trade Center au World Financial Center. Sans savoir encore que la tour sud s’était effondrée, j’ai pris intuitivement la direction de l’angle de West Street et de Vesey Street, face à la tour nord. Lorsque j’ai entendu le fracas de son effondrement, j’ai couru vers le fleuve Hudson, mais on ne va pas bien loin en 11 secondes, avec un casque et une tenue de feu. Cette magnifique matinée ensoleillée a alors basculé dans l’obscurité totale. Nous entendions le béton s’effriter et l’acier s’écraser autour de nous.Quelle image gardez-vous des instants qui ont suivi ?Les décombres, l’acier tordu, le vide laissé à l’emplacement des tours de 110 étages, à l’exception de la structure squelettique de six étages qui subsistait de la tour sud. Les visages des pompiers et des survivants étaient couverts de poussière, empreints d’une expression sombre. Peu de mots étaient échangés, sinon par des personnes cherchant d’autres individus. Je me souviens de l’odeur du béton pulvérisé, et des sirènes des pompiers convergeaient vers Ground Zero depuis les autres quartiers de la ville. Nous avons perdu 343 pompiers ce jour-là, dont mon frère Kevin.Votre frère avait été envoyé dans les étages de la tour nord, d’où il n’est jamais revenu. Le documentaire de Jules et Gédéon Naudet (New York :

Ce sujet parle de : crise
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