En football comme en politique, les grandes révolutions sont d’abord théoriques. Celle du «jeu de position» prend racine dans l’histoire moderne de la Catalogne, où quelques visionnaires célèbres ou anonymes ont porté la bonne parole, animés d’une foi vibranteDans la Barcelone des années de plomb, battue par la peur et le ressentiment, le football lui ressemble: dur, brutal, sans nuances. Pourtant, des ruelles de la Ciutat Comtal aux bibliothèques de l’université, s’ouvre un chemin précaire vers une autre idée de ce jeu. Cette idée sublime du football que porte en lui le «jeu de position» est une apparition miraculeuse, salubre et révolutionnaire qui sort de l’ombre bien après avoir traversé, avec une violence terrible, l’histoire tragique de tout un peuple impie contre le sabre funèbre des phalanges que les goupillons des prêtres catholiques, au nom de Dieu et de la patrie, aspergèrent de leur eau bénite.L’histoire de cette «révolution symbolique» – car oui, la perspective positionnelle est une «révolution symbolique» au sens très précis que lui donne Pierre Bourdieu, à l’égal de celle qu’incarna Manet en son temps dans le champ artistique – se laisse difficilement raconter. Peut-être vaut-il la peine qu’on tente de le faire. De la sorte, tout en soulignant les conditions de son avènement, il sera loisible de poser cette question beaucoup moins simple qu’il n’y paraît au premier regard: au fond, en quoi consiste vraiment le «jeu de position»?Voir plus
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