Nid, cabane, tour, marée de planches ou vague de déchets plastiques, Tadashi Kawamata imagine des structures qui transforment les lieux où il travaille. Rencontre avec cet artiste japonais, déterminé, inquiet et passionné au siège de la maison Ruinart, à ReimsAu Japon, le sanctuaire shinto d’Ise, bâti en bois, est entièrement détruit et reconstruit tous les vingt ans, depuis des siècles. Une impermanence, un matériau, une manière d’appréhender les constructions, l’altération et la durée, qui n’est pas sans lien avec le travail de l’artiste Tadashi Kawamata, né en 1953 à Mikasa sur l’île d’Hokkaidō. «Le shintoïsme n’est pas tellement éloigné de l’idée bouddhiste de réincarnation, dit-il. Le matériau change de forme, mais pas de nature. Mon travail est assez proche de ça. Je n’en ai pas eu conscience sur le moment. C’est après coup que je me suis dit, il y a une similarité: le recyclage, le temps qui fait son œuvre, un circuit fermé. Parfois, je monte tout, je démonte tout, juste pour le déménager ailleurs, pour tout remonter et tout démonter à nouveau. Ce cycle est inévitable. Qu’il ait lieu sur un mois, une année, dix ans ou même cent ans, ce n’est pas si différent. Le bois est un matériau naturel, il change de couleur, des parties pourrissent. Il faut l’entretenir de temps en temps. Alors, je reviens.»
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