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Oublier les fausses certitudes pour investir dans un monde nouveau
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Oublier les fausses certitudes pour investir dans un monde nouveau

Publié le 16 August 2026 à 22:30
Auteur : Le Temps

La mutation des rapports de force géopolitiques, l’intelligence artificielle et la dette publique croissante modifient de manière fondamentale le cadre des marchés des capitaux. Seuls ceux qui sont prêts à remettre en question les schémas de pensée existants, pourront investir à long terme avec succèsUne frontière invisible dans l’espace, qui marque l’écroulement des anciennes lois: c’est avec cette image que Mika Kastenholz, Global Head Investment Solutions chez LGT Private Banking, décrit la situation sur les marchés internationaux des capitaux. Titulaire d’un doctorat en sciences naturelles de l’EPF de Zurich, il reprend la notion d’«horizon des événements» issue de l’astrophysique pour illustrer un point dans le temps où les relations économiques familières ne fonctionnent plus. En physique, l’horizon des événements désigne la limite d’un trou noir au-delà duquel même la lumière ne peut plus échapper à la gravité, ce qui confronte nos modèles physiques actuels à leurs propres limites. Transposant cette idée au monde de la finance, Mika Kastenholz estime que les investisseuses et investisseurs se trouvent dans une phase de transition comparable, où les relations économiques actuelles ne peuvent plus être projetées de manière fiable sur l’avenir. «Aujourd’hui, le plus grand défi pour eux n’est pas la volatilité, mais le fait que de nombreuses hypothèses appliquées ces dernières décennies ne vont plus de soi», explique-t-il.M. Kastenholz estime que cette transformation structurelle est la résultante de cinq facteurs: la géopolitique, les changements sociétaux, la dette publique, le changement climatique et l’intelligence artificielle. Au premier rang de ceux-ci, les rapports de force internationaux. «L’histoire a connu un «reboot» et notre ordre économique néolibéral est en cours de transformation», affirme-t-il. La guerre en Europe, l’instabilité au Proche-Orient et la volonté de la Chine de concurrencer délibérément les Etats-Unis en témoignent. De nouvelles alliances voient le jour alors que les fondements du monde globalisé subissent une pression croissante. Même le Fonds monétaire international (FMI), publiant ses dernières prévisions économiques sous le titre «Global Economy in the Shadow of War» («L’économie mondiale menacée par la guerre»), a revu à la baisse ses pronostics pour la croissance économique mondiale.Pour s’orienter dans un environnement incertain, il faut observer les constantes historiques. En matière de gestion de fortune, LGT s’appuie sur l’expérience acquise par la famille princière du Liechtenstein au fil des générations. «Quand une famille survit à plus de 900 ans d’histoire européenne, ce n’est pas un hasard», affirme M. Kastenholz. Un principe central consiste à toujours réfléchir par scénarios: plutôt que de miser sur une évolution précise, il faut se préparer à différentes possibilités. Prévoir des options d’action pour différents scénarios permet de moins se laisser surprendre par les revirements soudains des marchés.Selon l’expert financier habitant Hongkong, aux bouleversements géopolitiques s’ajoutent par ailleurs des évolutions sociétales: la hausse des inégalités dans la répartition des richesses et une méfiance croissante à l’égard des institutions sur lesquelles reposent les démocraties occidentales. L’endettement public élevé à l’échelle mondiale constitue un autre facteur de tension. Depuis le mandat d’Alan Greenspan, le système financier a tenté d’anticiper la consommation future en maintenant les taux d’intérêt durablement bas. Dans le même temps, la hausse des prix des actifs a été de plus en plus perçue comme une source de croissance supplémentaire. Mika Kastenholz voit ce modèle d’un œil critique: «Un système qui transfère la consommation du futur vers le présent grâce à de l’argent bon marché ne peut fonctionner éternellement.» Et si les taux d’intérêt et l’inflation augmentent alors que la dette publique continue de croître, ce modèle atteint ses limites. «Nous ne vivons pas un cycle conjoncturel normal, mais une phase de changements structurels qui marque à la fois la politique, l’économie et les marchés des capitaux», explique-t-il.

Nous ne vivons pas un cycle conjoncturel normal, mais une phase de changements structurels

Le tournant de l’intelligence artificielle
Pour Mika Kastenholz, le moteur le plus puissant de ce changement d’ère est l’intelligence artificielle. Ce docteur en physique s’est d’abord montré sceptique, car les modèles de langage sous-jacents lui semblaient relativement simples. Cependant, contrairement à ses attentes, les systèmes s’avèrent de plus en plus performants à mesure que le volume de données augmente, notamment dans des domaines techniques exigeants tels que la programmation ou les mathématiques. Jusqu’à présent, personne n’a pu expliquer de manière concluante cet «effet d’échelle»: en théorie, l’intérêt de disposer de données d’entraînement supplémentaires devrait s’estomper avec le temps, mais cela ne semble pas êt

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