CHRONIQUE. Lier le sort de la Genève internationale à l’initiative sur la neutralité démontre que l’on n’a rien compris à ce qui est en train de se jouer, écrit l’ancien ambassadeur François NordmannLaissez la Genève internationale en dehors des querelles partisanes sur la neutralité! Elle s’est fort bien accommodée jusqu’à présent de la politique de neutralité définie par le Conseil fédéral, dont elle a suivi tous les méandres! La neutralité a sans doute constitué un élément dans la décision de fixer en Suisse le siège de la Société des Nations en 1919. Mais la Suisse a aussitôt demandé à être dispensée de prendre part aux sanctions militaires que déciderait la SdN. Elle n’était tenue de participer qu’aux sanctions économiques: mais en 1938, elle est revenue à la neutralité intégrale, toujours avec l’accord de la SdN. Elle a donc, déjà à l’époque, adapté constamment la politique de neutralité au contexte international en fonction de ses intérêts propres.
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