ÉDITORIAL. L’année académique commence par des coupes budgétaires et un débat amorphe à ce propos aux Chambres. Des enjeux majeurs semblent relégués au dernier rang des centres d’intérêt politiquesL’année académique qui commence s’annonce morose. Pour les hautes écoles – les universités et hautes écoles spécialisées cantonales ainsi que les deux écoles polytechniques fédérales –, les signaux donnés par les autorités ne sont guère encourageants. Au niveau de la Confédération, le programme d’allègement budgétaire, même raboté par les Chambres en mars, frappe en particulier le secteur alors que les parlementaires ont épargné l’agriculture et ont encore gonflé les dépenses militaires. Pièce essentielle du paysage, qui a sauvé la science helvétique quand elle était boutée hors des programmes européens, le Fonds national suisse (FNS) est injustement ponctionné.Certes, les efforts de la Confédération ont fortement augmenté durant les deux dernières décennies. Une stabilisation, peut-être un léger coup de frein était à redouter. Mais une coupe de 10% concernant le FNS peut être jugée aussi aveugle qu’indéfendable.En sus, dans les cantons, certaines universités, à l’image de celle de Lausanne, se voient aussi raboter leur enveloppe alors que les effectifs augmentent.
Un débat qui s’efface
Cette mauvaise posture s’accompagne d’un affaiblissement du débat – déjà indolent, aux Chambres – concernant les enjeux de la recherche, la science et les formations supérieures, académiques et professionnelles. Qui, à Berne, s’est levé pour défendre ces secteurs? Quelles discussions nourries ont accompagné ces choix pourtant majeurs?Ailleurs, on s’active. Même dans la douleur, l’Union européenne (UE) ne cesse d’augmenter ses crédits. La Finlande vise 4% du PIB pour ce domaine en 2030 – la Suisse est à 3,2%, mais avec une forte part du privé. Il y a quelques jours, le gouvernement fédéral canadien a débloqué l’équivalent de près de 300 millions de francs afin de créer de nouveaux postes de chercheurs dans les universités, visant en particulier les Américains lassés par la dégradation de l’ambiance dans leur pays et leurs écoles.Après quelques années d’une poussée d’intérêt pour ces questions, surtout due à l’urgence provoquée par les exclusions des programmes de l’UE, le débat est retombé, de surcroît détourné par des polémiques plus croustillantes. Il est légitime de s’interroger sur la manière dont le pays compte acquérir des avions de combat américains ou comment il va s’y prendre pour financer une treizième rente AVS plébiscitée dans les urnes. Mais la langueur, voire l’indifférence désormais réservée aux défis de la science et de la formation a de quoi inquiéter.
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