Des milliers d’Africains, tirés des cales de bateaux négriers, ont été enterrés sur l’île de Sainte-Hélène entre 1840 et 1863. Des analyses scientifiques sur leurs ossements et les archives historiques permettent de retracer en partie leur histoire tragiqueSainte-Hélène, île perdue au milieu de l’Atlantique Sud, à environ 1900 kilomètres à l’ouest de la côte africaine, au niveau de l’Angola, mesure à peine moins de la moitié du canton de Genève. Et pourtant, elle fut au centre du tracé sordide du commerce transatlantique des esclaves, qui a perduré jusqu’à la fin du XIXe siècle. Au moins 12 millions de personnes ont été arrachées à leurs terres et déportées de force sur le continent américain. Une personne sur six environ mourait lors de la traversée vers l’Amérique, à cause des maltraitances, du manque d’eau et de nourriture, et des maladies.La plupart des bateaux négriers faisaient escale à Sainte-Hélène. Après l’adoption de la loi sur l’abolition de la traite des esclaves par le parlement britannique, l’île change de statut. A partir de 1840, la Royal Navy utilise Sainte-Hélène comme port d’attache pour intercepter les navires impliqués dans ce commerce et débarquer les Africains ainsi «libérés» («Liberated Africans» en anglais). On estime à environ 27 000 le nombre de ces individus arrivés sur l’île entre 1840 et 1863. Près de 8000 d’entre eux, des hommes, des femmes et des enfants, sont morts à Sainte-Hélène où ils ont été inhumés. Parmi les survivants, quelques centaines se sont installés sur place et beaucoup d’autres ont été envoyés vers des colonies britanniques.Voir plus
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