Lors de son assemblée des délégués ce samedi à Fribourg, le parti a choisi à l’unanimité moins une abstention le non à l’initiative sur la neutralité, sur laquelle le peuple se prononcera le 27 septembreRéunis samedi à Fribourg, les délégués des Vert-e-s ont balayé l’initiative sur la neutralité, qualifiée de pro-Poutine. Dans un discours centré sur la canicule, leur présidente Lisa Mazzone a exigé que le Conseil fédéral retire le département de l’environnement à Albert Rösti.L’assemblée a rassemblé 123 délégués. Elle s’est tenue dans la salle communale St-Léonard, à deux mois et demi des élections cantonales fribourgeoises. L’initiative «Sauvegarder la neutralité suisse», déposée par Pro Suisse et des membres de l’UDC, n’a pas trouvé grâce aux yeux des Vert-e-s, rejetée à l’unanimité, moins une abstention.Le texte veut qualifier la neutralité suisse de «perpétuelle et armée». «Aussi dangereuse qu’inutile, l’initiative fait passer les intérêts économiques d’une poignée d’entreprises avant les vies humaines», a dénoncé le conseiller national genevois Rudi Berli. Elle a été lancée après l’attaque russe contre l’Ukraine.
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L’initiative veut interdire de reprendre presque toutes les sanctions contre des Etats qui «violent gravement» le droit international. Si elle est acceptée, selon le parti, la Suisse lèverait ses sanctions contre la Russie. Et les entreprises seraient libres de commercer et d’alimenter les caisses de guerre russes.
Les délégués votent sur les objets en votations. — © PETER KLAUNZER / keystone-sda.ch
Les délégués ont également clairement rejeté la loi sur le matériel de guerre. Ils ont encore dit oui à l’initiative sur les feux d’artifice, oui au financement additionnel de l’AVS par une hausse de la TVA et non à l’initiative du Centre pour revenir à l’imposition commune des époux.Ces quatre objets seront soumis à votation le 29 novembre. Les Vert-e-s suisses avaient déjà décidé en mars de laisser la liberté de vote pour l’initiative sur l’alimentation, texte qui sera voté lui le 27 septembre, soit le même jour que l’initiative sur la neutralité.
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Mutisme condamné
A propos d’Albert Rösti, Lisa Mazzone a motivé son exigence eu égard à un Conseil fédéral qui doit «changer de cap». «Il doit mettre le climat en priorité, adopter des mesures urgentes pour adapter villes et campagnes, investir massivement dans la protection du climat en sortant de la dépendance néfaste aux énergies fossiles.»La Genevoise a fustigé le mutisme du Conseil fédéral pendant les récents épisodes caniculaires. «Pire encore: ses premières décisions à la rentrée ont été d’abord de rejeter l’initiative pour la place financière durable, qui pourrait pourtant permettre d’avoir un impact majeur sur le climat mondial», a-t-elle constaté.Et ensuite le Conseil fédéral a «attribué 900 millions de francs supplémentaires à l’armée, et pas un franc de plus pour protéger le climat», a poursuivi la présidente des Vert-e-s. «Au contraire: des coupes dans la protection des forêts», a-t-elle ajouté en se demandant comment l’exécutif pouvait être «à ce point aveugle».
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Non au nucléaire
Plus loin, Lisa Mazzone a déploré les «retours en arrière du Conseil fédéral», en citant notamment le «retour ruineux du nucléaire» et «les propositions de construire des méga-autoroutes malgré le non du peuple». Bref, il serait temps, estime-t-elle, à l’adresse du gouvernement, de «reconnaître la crise climatique et d’agir».Dans le cadre d’une table ronde, les Vert-e-s ont donc réitéré leur engagement contre le nucléaire, en soutenant le référendum et en se préparant déjà à la campagne de votation qui suivra. «Le 28 février prochain, nous montrerons à Albert Rösti que la politique des lobbies n’a pas de place ici», a conclu Lisa Mazzone.Les délégués ont encore adopté une résolution qui défend une politique climatique «positive et solidaire» basée sur un plan d’action, avec des «mesures concrètes». Le document vise à rendre la Suisse «climatiquement positive» dès 2040.
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