CHRONIQUE. Dans une voiture, l’échappement marque la fin du circuit. Dans une montre, c’est un point pivot. Là où l’énergie est transformée en petites impulsions qui donneront le tempo aux aiguilles, calendriers et autres complicationsSi Freud avait été horloger, il aurait théorisé l’échappement, qui marque dans la montre la frontière entre la pulsion et la raison. Le terme a l’air simple, mais mis dans la bouche d’un mécanicien du temps, il prend des proportions débordantes. Dans le cas présent, cela se comprend. L’échappement est formé d’une roue, d’une ancre et d’un plateau d’impulsion, dont les géométries ultra-spécifiques reflètent toute la complexité. Il constitue le cœur de la montre mécanique, où le temps est transformé en séquence, que les rouages traduiront en secondes, minutes, etc.Pour y voir plus clair, sans se perdre en théorie, Le Temps s’est adressé au praticien neuchâtelois Stéphane von Gunten (créateur de Haute-Rive, ex-Patek Philippe, ex-Ulysse Nardin). Voici ses premières paroles: «L’échappement, c’est de là que l’énergie s’échappe. Mais sans échappement, l’énergie se dissipe d’un coup.» La difficulté apparaît d’emblée, puisque l’on comprend que la fonction est double: transmettre et retenir.Voir plus
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