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Le redémarrage de la construction ne suffira pas à sortir la Suisse de la pénurie de logements
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Le redémarrage de la construction ne suffira pas à sortir la Suisse de la pénurie de logements

Publié le 16 September 2026 à 22:01
Auteur : Alexandre Beuchat

Après le creux des années 2024 et 2025, la construction de logements reprend de la vigueur en Suisse. Ce regain d’activité pourrait contribuer à desserrer quelque peu la pression sur le marché résidentiel, mais reste encore trop limité pour provoquer une véritable détenteLa pénurie de logements reste une réalité dans de nombreuses régions de Suisse. Se loger est devenu particulièrement difficile, notamment dans les grands centres urbains. Et la situation continue de se dégrader, comme le confirment les chiffres publiés la semaine dernière par l’Office fédéral de la statistique. Le taux de vacance en moyenne nationale est passé sous la barre de 1%, à 0,93%, reculant pour la sixième année consécutive.Dans ce contexte tendu, les premiers signes d’amélioration commencent toutefois à se dessiner. Selon les nouvelles projections de Wüest Partner publiées jeudi, la production nette de logements devrait repartir à la hausse après avoir touché un point bas en 2024-2025. L’an dernier, le solde net s’est établi à 39 000 unités, légèrement en dessous du niveau de 2024.Dans son étude, le spécialiste de l’analyse immobilière table sur quelque 45 000 logements nets supplémentaires cette année, puis 50 000 en 2027. Cette remontée devrait principalement reposer sur la construction neuve. L’augmentation des permis de construire enregistrée en 2024 commence en effet à se traduire par une progression des projets arrivant à terme. Près de 45 000 logements neufs devraient ainsi voir le jour cette année, puis plus de 51 000 en 2027. Mais cette dynamique ne se traduira pas par une augmentation équivalente du parc en raison des transformations et des démolitions, elles aussi en progression.
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Une reprise encore trop limitée
Cette hausse de la production devrait néanmoins, au moins temporairement, desserrer les tensions sur le marché résidentiel. En 2026 comme en 2027, le nombre de logements supplémentaires devrait être supérieur d’environ 5000 à celui des nouveaux ménages, anticipe l’étude. Les tensions sur le marché pourraient ainsi s’atténuer, sans pour autant faire disparaître la pénurie.Pour Corinne Dubois, économiste chez Wüest Partner, «un début de retournement» se dessine, mais la tendance reste contenue. «Nous n’assistons pas à un boom de la construction. Il ne faut donc pas s’attendre à voir la pénurie se résorber dès l’an prochain, mais celle-ci pourrait s’atténuer.» Le taux de vacance pourrait légèrement remonter en 2027, tout en restant nettement inférieur au seuil d’équilibre, estimé à 1,3% par Wüest Partner.
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Les centres urbains à la traîne
Si la production repart à la hausse à l’échelle nationale, cette reprise est loin de se manifester partout avec la même intensité. Sur les quelque 95 000 logements supplémentaires attendus en 2026 et 2027, environ 29 000 devraient être construits dans des communes périphériques et 25 000 dans les agglomérations des grands centres. Ces territoires disposent généralement de réserves foncières plus importantes et font face à moins d’obstacles pour lancer de nouveaux projets.A mesure que l’on se rapproche des centres urbains, les contraintes restent en revanche particulièrement fortes. Le manque de terrains à bâtir, la complexité des projets de remplacement et les procédures d’autorisation continuent de freiner les nouvelles constructions. «Dans les grands centres, on ne voit pas encore de sortie de crise», observe Corinne Dubois.Cette disparité se retrouve également dans les perspectives cantonales. Pour 2026, celles-ci demeurent globalement modérées. C’est dans le canton de Neuchâtel que la dynamique apparaît la plus marquée, avec une production prévue supérieure de 21% à sa moyenne de long terme. Au second semestre, la hausse devrait s’étendre à d’autres cantons, préparant ainsi le terrain pour une reprise plus large en 2027.
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