Le gouvernement Lecornu face à "un automne de mécontentement" : la crise des lycées vue par la presse étrangère
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Le gouvernement Lecornu face à "un automne de mécontentement" : la crise des lycées vue par la presse étrangère

Publié le 07 October 2026 à 10:27
Auteur : Aurore Maubian

"Les manifestations attirent maintenant l’attention internationale." En quelques semaines, la colère partie d’un lycée de Créteil, dans le Val-de-Marne, le 17 septembre, a gagné des centaines d’établissements, puis les rues de nombreuses villes françaises, avant de trouver un large écho à l’étranger. Au cœur des revendications des lycéens : le manque de moyens dans leurs établissements, les absences non remplacées de leurs professeurs, des journées de travail jugées trop longues et les inégalités d’accès aux études supérieures. Mardi 6 octobre, leur mobilisation a franchi un nouveau cap : 256 000 personnes ont défilé dans toute la France selon le ministère de l’Intérieur, 450 000 d’après les chiffres de l'intersyndicale de la jeunesse.Dans les médias internationaux, les revendications scolaires côtoient désormais un autre récit, celui des affrontements avec les forces de l’ordre. The Guardian décrit mardi comme "la plus grande journée de mobilisation à ce jour", marquée par des heurts "souvent violents avec la police". CNN raconte, à Paris, "l’air imprégné de gaz lacrymogène", des poubelles et du mobilier en feu, des policiers anti-émeute face aux manifestants. La chaîne américaine relève aussi que les images de barricades et d’affrontements ont fini par "conduire à des questions sur la réponse de la police"."Des jeunes manifestants affrontent les forces de l'ordre"Une question devenue centrale ces derniers jours. Plus de 6 000 personnes ont été placées en garde à vue depuis le début du mouvement, en grande majorité des mineurs sans casier judiciaire. Des élèves, des enseignants et des policiers ont été blessés. Le New York Times estime que les images de "jeunes manifestants affrontant les forces de l’ordre au milieu des nuages de gaz lacrymogène" sont devenues "l’expression la plus frappante des troubles et des revendications qui agitent la France".Si le quotidien américain précise que la plupart des rassemblements se sont déroulés sans incident grave, les scènes les plus violentes n’en occupent pas moins une place importante dans la couverture étrangère. El Mundo revient longuement sur le cortège parisien de mardi. Parti de République, celui-ci a avancé pendant plus de deux heures sans incident majeur, avant que la situation ne dégénère près de Nation. Selon le journal espagnol, environ 300 "individus hostiles" ont alors lancé des pierres et dégradé du mobilier urbain. Les forces anti-émeute ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule. "Des scènes comme celles qui se produisent quotidiennement depuis le début des manifestations étudiantes", ajoute le quotidien ibérique, faisant également référence aux heurts qui ont éclaté à Strasbourg, Lyon ou Rennes.Cette réponse policière suscite désormais des critiques jusque dans les institutions françaises. La Commission nationale consultative des droits de l’homme s’alarme du "caractère manifestement disproportionné de certaines interventions policières et procédures judiciaires ciblant des jeunes". Elle dénonce une réponse "essentiellement policière et judiciaire", susceptible selon elle de creuser encore la défiance, et met en garde contre le risque de justifier une "répression exacerbée" en assimilant l’ensemble du mouvement aux violences commises en marge des manifestations. Lundi 5 octobre, près du lycée Auguste-Béhal, à Lens, un adolescent de 15 ans a été grièvement atteint pendant une manifestation et a dû être amputé de la main gauche, a appris RTL le lendemain auprès du maire de Wingles, la commune où vit le jeune Evan. Les premiers éléments de l’enquête établissent que plusieurs grenades ont été utilisées après sommations alors que les CRS recevaient des projectiles et que des poubelles brûlaient, a précisé le procureur de Béthune, Etienne Thieffry. Un drame qui a poussé, deux jours plus tard, Laurent Nuñez a annoncé sur RTL suspendre l’usage des grenades assourdissantes "tant que la lumière n’a pas été faite sur ce qui s’est passé dans cette affaire"."Toute l'attention du gouvernement"Les manifestants ont désormais "toute l’attention du gouvernement", résume CNN, qui rapporte aussi les critiques contre une réponse de l’exécutif jugée trop lente. Mardi, devant l’Assemblée nationale, Sébastien Lecornu a choisi de défendre une ligne ferme : "L’extrême violence a atteint les portes de nos lycées et elle doit être condamnée sans équivoque", a affirmé le Premier ministre, tout en rejetant les accusations selon lesquelles le gouvernement aurait ordonné une répression des manifestations. Dans le même temps, l’exécutif tente de réintroduire du dialogue : il a annoncé mardi la suspension des cours le temps d'une demi-journée pour permettre aux établissements d’organiser un "temps de démocratie interne" avec les élèves, tandis que le ministère de l’Education nationale a ouvert une plateforme destinée à recueillir leurs préoccupations et leurs propositions afin d'améliorer le système. Mais pour le New York Times, la crise a déjà dépassé le seul terrain

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