CHRONIQUE. Le vote du Conseil des Etats sur UBS tout comme le rapport de la Commission de gestion du Conseil national sur l’achat du F-35 signent le retour dans l’arène de l’autorité politique, écrit Yves PetignatA Berne, cette semaine, la politique a repris un peu les choses en main. Temporairement au moins. Dans le bras de fer qui opposait la ministre des Finances à la puissante UBS et à la place financière, comme dans la crise de confiance provoquée par la désastreuse gestion de l’achat des F-35, le pouvoir politique a voulu réaffirmer son autorité. Imposer la reconnaissance de sa légitimité à conduire l’action publique, à matérialiser la volonté des citoyennes et citoyens. Ce qui n’allait pas de soi. Il s’est souvenu, en quelque sorte, du vieil adage romain: «Potestas in populo, auctoritas in senatu», le pouvoir appartient au peuple, l’autorité au Sénat. Ni aux grandes banques, ni aux lobbies, ni aux militaires.Mercredi, en imposant à UBS une couverture de 90% de ses filiales à l’étranger en fonds propres durs, le Conseil des Etats n’a pas fait que soutenir la position de la ministre des Finances Karin Keller-Sutter. Les sénateurs ont indirectement répondu au patron d’UBS. Dans une interview pleine de suffisance envers ceux qui ne peuvent évidemment pas comprendre des questions aussi techniques, Sergio Ermotti avait affirmé «qu’il s’agit de bien plus que d’UBS ou de la place financière. Il s’agit de la Suisse.» Les exigences du pouvoir politique marqueraient ainsi le début de la chute de la Suisse, si on le comprend bien. Or, par leur vote, les sénateurs ont rappelé une chose fondamentale: la confiance des clients et des investisseurs suisses ou étrangers dans la place financière suisse, c’est d’abord grâce à la garantie apportée par la stabilité politique et la résilience économique, par l’adhésion des citoyennes et citoyens à leur système de gouvernement et aux valeurs démocratiques. La Suisse n’a pas été créée par les banques. Même si celles-ci contribuent à sa prospérité. Cette crédibilité, on la doit aussi à une Suisse qui a déjà dû sauver UBS par le passé, puis éviter la faillite de Credit Suisse.Voir plus
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