Moscou dénonce une censure des opinions après la décision française de bannir la journaliste, accusée de relayer les campagnes de désinformation du Kremlin. Ses employeurs partagent cette critiqueLa diplomatie russe a condamné jeudi la «persécution politique de journalistes sur la base d’accusations fallacieuses», après l’arrêté d’expulsion pris par la France contre la chroniqueuse russe pro-Kremlin Xenia Fedorova. «De telles actions sont incompatibles avec la rhétorique en France concernant son attachement aux principes de la liberté d’expression», a estimé le porte-parole adjoint de la diplomatie russe, Alexeï Fadeïev.«Tout point de vue divergent est qualifié de propagande russe, ce qui s’accompagne de tentatives visant à évincer des journalistes et des médias entiers», a-t-il dénoncé, évoquant une «censure des opinions ne correspondant pas à la ligne officielle». Il a aussi critiqué «l’acharnement des dirigeants français à attribuer une origine russe à tous les problèmes du pays».
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Xenia Fedorova, qui intervient dans plusieurs médias français, est accusée par la France d’être «un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes» pour «déstabiliser l’ordre public» en France. Elle a fait l’objet fin juillet d’arrêtés d’expulsion et de gel de ses avoirs.
Craintes de manipulation de débat public
Mme Fedorova avait indiqué lundi se trouver à l’étranger et n’avoir l’intention de revenir en France «que lorsque ces mesures auront été suspendues ou annulées». La place grandissante de Xenia Fedorova dans les médias du milliardaire conservateur Vincent Bolloré avait fait naître des craintes de manipulation du débat public, notamment lors de la campagne pour l’élection présidentielle en 2027.«Mon comportement […] consiste à vivre en France depuis près de dix ans dans le respect de la loi, à payer mes impôts, mais aussi à avoir une opinion et à l’exprimer dans le cadre de mon travail de journaliste», s’était défendue sur X l’ancienne patronne de la chaîne d’État russe RT en France, dont l’antenne a été interdite dans l’Union européenne depuis mars 2022.
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Ses actuels employeurs, Canal+ et Lagardère, ont pour leur part dénoncé «une atteinte particulièrement grave à la liberté d’expression».
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