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La crue meurtrière au Népal résulte d’une instabilité géologique amplifiée par le réchauffement climatique
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La crue meurtrière au Népal résulte d’une instabilité géologique amplifiée par le réchauffement climatique

Publié le 17 September 2026 à 04:28
Auteur : Le Temps avec l’AFP

Une première étude publiée jeudi démontre que la crue dévastatrice qui a eu lieu à la frontière entre le Népal et la Chine résulte d’une conjonction d’éléments climatiques et géologiquesLa crue meurtrière survenue le mois dernier à la frontière du Népal et de la Chine résulte d’une conjonction d’éléments climatiques et géologiques nourris par le réchauffement de la planète, montre une étude scientifique parue jeudi.Comme suggéré dès les premières observations, l’effondrement le 26 août d’un pan de glace et de roches du mont Langtang Lirung a formé une énorme coulée d’eau, de glace et de débris qui s’est engouffrée dans les vallées, emportant tout sur son passage.L’étude de la World Weather Attribution explique que la catastrophe n’est pas le fruit d’un épisode météo extrême mais d’une «combinaison d’éléments» façonnés notamment par la hausse des températures, la fonte des glaciers et l’instabilité géologique.
Le recul des glaciers a compromis la stabilité de la montagne
La région a subi des «changements fondamentaux et irréversibles», a souligné un de ses auteurs, l’hydrologue Walter Immerzeel, de l’université d’Utrecht (Pays-Bas), ajoutant que le recul des glaciers et du pergélisol – la couche du sol qui reste gelée – avait compromis la stabilité de la montagne.«Nous concluons que cette pente était géologiquement vulnérable, peut-être en partie à cause du séisme de 2015, et que cette fragilité a été amplifiée par la retraite du glacier et du pergélisol», a souligné Walter Immerzeel devant la presse. Le Népal a été frappé en 2015 par un tremblement de terre de magnitude 7,8.L’étude a confirmé que les mois de juillet et août 2026 avaient été les plus chauds jamais enregistrés dans la région et que les fortes chutes de neige de la fin 2025 y avaient augmenté le volume d’eau fondue.
Lire aussi: «C’est hallucinant»: au Népal et au Tibet, l’effondrement de la «montagne sacrée» de l’Himalaya

«Un avertissement brutal» des risques liés au réchauffement climatique
«Il ne fait aucun doute que le changement climatique est l’un des moteurs» du désastre, a estimé Friederike Otto, climatologue à l’Imperial College de Londres. «La catastrophe du Bhote Koshi (une rivière, ndlr) est un avertissement brutal des risques croissants que le réchauffement rapide de l’Himalaya fait courir aux populations», a insisté un autre auteur de l’étude, Manjeet Dhakal, de Climate Analytics South Asia.Au Népal, la crue a fait plus de 1400 morts et 6150 autres personnes sont toujours portées disparues. En Chine, le bilan est de 43 morts et 519 disparus, selon les médias d’Etat. Le gouvernement népalais a évalué à 4,78 milliards de dollars le coût de la reconstruction.En matière de prévention, Walter Immerzeel a suggéré d’établir «une sorte de cartographie régionale destinée à identifier les corridors qui disposent d’une forte puissance hydraulique et abritent un grand nombre d’infrastructures, de villes et de villages». «On pourrait ainsi identifier un certain nombre de zones à hauts risques» susceptibles d’être surveillées, a poursuivi le scientifique.
Lire aussi: Markus Stoffel, expert des risques en montagne: «Il est probable que le changement climatique ait joué un rôle décisif dans les crues dévastatrices au Népal»

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