Le DJ français a été retrouvé mort mardi soir dans son appartement parisien, a annoncé le parquet de Paris, relayé par l’AFP. Il avait 50 ans. On lui doit ce tube crépusculaire révélé au grand public par la bande originale du film «Drive», en 2011 – et un univers nourri par le cinémaUne pièce de monnaie glissée dans un téléphone public. Le chant assourdissant des cigales. Le hurlement d’un loup. Les premières secondes de Nightcall installaient déjà l’ambiance crépusculaire, décor inquiétant où s’invitent des synthés lancinants et une voix écorchée par le Vocoder. Une bande-son parfaitement adaptée aux virées nocturnes d’une âme tourmentée.En 2011, ce morceau de Kavinsky donnait toute sa couleur rétro-mélancolique à Drive, film du danois Nicolas Winding Refn sur le destin d’un cascadeur taciturne et solitaire (incarné par Ryan Gosling) qui, de nuit, roule pour des braqueurs. Le film secouait Canne (où il recevait le Prix de la mise en scène) et propulsait le nom du DJ français au jukebox mondial. Quinze ans plus tard, ce mercredi 29 juillet, le parquet annonçait le décès de l’artiste de 50 ans. Retrouvé mort à son domicile parisien.«Une enquête en recherche des causes de la mort a été ouverte», précise le parquet, cité par l’AFP, «afin de déterminer l’origine du décès, aucun élément suspect n’ayant été découvert sur place par les services primo-intervenants», mardi soir. SelonLe Figaro, La piste de l’accident vasculaire cérébral serait envisagée.En apprenant cette disparition, on pense donc forcément à Nightcall, tube qui ressurgissait en 2024, interprété avec Angèle et le groupe Phœnix lors de la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de Paris. Dans un stade de France transformé en ciel sans étoile, devant des millions de téléspectateurs, Kavinsky se découpait dans la brume, silhouette en blouson de pilote et lunettes lasers. Consécration discrète.
Alter ego mort-vivant
Cette figure de la scène électro française, native de Seine-Saint-Denis, ne se résume pas à Drive. Mais le cinéma aura eu un rôle central dans sa route sinueuse. Amateur des méandres professionnels, qui le verront livrer des pizzas, répondre aux clients SFR et peindre des joueurs miniatures pour un fabricant de baby-foot, Vincent Belorgey, de son nom de ville, se fera acteur pour la caméra de son ami cinéaste et compositeur, Quentin Dupieux. En 2001, Kavinsky interprète un des rôles principaux de son moyen-métrage Nonfilm, aux côtés de Sébastien Tellier.
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S’en suivront d’autres productions absurdes et iconoclastes, tandis que Kavinsky se passionne pour les films des années 1980, de Michael Mann à John Carpenter. Ils nourriront son univers, orageux, hypnotique, furieusement cinématographique – et lui inspireront un alter ego tout droit sorti des thrillers de l’époque: un conducteur mort au volant et revenu sous forme de zombie.Au début du millénaire, alors que la French Touch poursuit sa conquête planétaire, Kavinsky se met aussi à triturer des machines – un ordinateur offert par Quentin Dupieux, et des synthés. Ils resteront les phares de sa nuit musicale. En autodidacte, il prend le chemin des studios. Nightcall, produit par Guy-Manuel de Homem-Christo, la moitié de Daft Punk, sort en 2010, sans grands bruits. C’est Cliff Martinez, ancien batteur des Red Hot Chili Peppers aux manettes de la B.O. de Drive, qui pensera à en réclamer les bandes quelques mois plus tard.Kavinsky a alors 36 ans. Il refuse les photos, se réfugie derrière son masque de revenant – et, avec le pécule, s’offrira «des bagnoles», comme il le confiera plus tard aux Inrocks. Son premier album, OutRun, sort en 2013. A nouveau, il y encapsule l’urgence électrique des jeux vidéo et des séries policières un peu kitsch des eighties. Il n’y aura qu’un autre disque, neuf ans plus tard. Il le tournera beaucoup. Plus que producteur, Kavinsky se fera ainsi artiste de scène – deux semaines avant sa mort, il se produisait encore dans un festival au nord du Finistère. Dans le podcast de Radio France Histoire secrète de la French Touch, cité par Télérama dans sa nécrologie, Kavinsky racontait sa réaction en découvrant Drive lors de l’avant-première à Paris: «J’ai hurlé de joie comme un gamin quand j’ai découvert le film. Ça a été un des meilleurs moments de ma vie.»
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